lundi, juin 1, 2026
Asie-PacifiqueL’Inde se tourne vers l’Iran pour le pétrole et le gaz après une interruption de 7 ans, signalant les limites de l’inclinaison américaine

L’Inde se tourne vers l’Iran pour le pétrole et le gaz après une interruption de 7 ans, signalant les limites de l’inclinaison américaine

L’Inde reprend ses importations d’hydrocarbures iraniens, un pari énergétique en temps de crise

Le 16 mars 2026, le navire *Shivalik*, un transporteur indien de gaz de pétrole liquéfié (GPL), a accosté au port de Mundra, dans l’État du Gujarat, après avoir traversé le détroit d’Ormuz. Son arrivée, documentée par le photographe Amit Dave pour Reuters, n’est pas anodine : elle matérialise la reprise des achats de pétrole et de gaz par l’Inde auprès de l’Iran, une première depuis 2019. Cette décision intervient alors que le conflit opposant les États-Unis et Israël à Téhéran perturbe profondément les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales et fait grimper les prix.

Une reprise timide mais stratégique

Selon les données de la société de renseignement énergétique Rystad Energy, New Delhi a effectué ses premiers achats de brut iranien en sept ans. Le ministère indien du Pétrole et du Gaz naturel a confirmé que les raffineries du pays s’étaient assurées des approvisionnements auprès de plus de 40 nations, l’Iran compris, pour faire face aux perturbations du conflit au Moyen-Orient. Le ministère a également démenti l’existence d’obstacles de paiement pour le brut iranien, précisant qu’un navire chargé de 44 000 tonnes de GPL iranien avait déjà débarqué sa cargaison dans un port du sud du pays.

Cette reprise s’appuie sur une « dérogation américaine autorisant les achats de brut iranien », selon Amitendu Palit, chercheur principal à l’Institut d’études sur l’Asie du Sud. Cependant, il souligne que la pérennité de ces importations dépendra de l’évolution des sanctions et du contexte géopolitique régional.

Le détroit d’Ormuz, goulot d’étranglement vital

Pour l’Inde, cette manœuvre n’est pas seulement un ajustement commercial ; c’est une question de sécurité nationale énergétique. En tant que troisième importateur mondial de pétrole et deuxième consommateur de GPL (essentiel pour la cuisson domestique et commerciale), elle est extrêmement dépendante du détroit d’Ormuz. On estime que près de 50 % de son brut et la majeure partie de son GPL transitent par cette voie maritime stratégique, étroite et sensible.

En échange de la reprise des achats, l’Inde « attend la coopération de l’Iran » pour garantir la sécurité de ses navires traversant le détroit, a indiqué le ministère. Cette exigence pratique illustre la priorité absolue accordée à la fluidité des flux maritimes.

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