samedi, avril 11, 2026
Asie-PacifiqueLes marchés asiatiques chutent pour la plupart alors que les commentaires de Trump sur la guerre en Iran alimentent la volatilité du pétrole

Les marchés asiatiques chutent pour la plupart alors que les commentaires de Trump sur la guerre en Iran alimentent la volatilité du pétrole

Les tensions au Moyen-Orient pesent sur les marchés asiatiques

Une image saisissante, capturée le 28 mars 2026 à Hébron en Cisjordanie, montre des traces dans le ciel laissées par des missiles lancés depuis le Yémen en direction d’Israël. Cette escalade régionale, bien que distincte des tensions directes entre les États-Unis et l’Iran, intervient dans un contexte géopolitique déjà extrêmement volatil où le marché pétrolier mondial reste sous tension.

Des signaux diplomatiques américains font vaciller les prix du pétrole

Selon un rapport du Wall Street Journal citant des sources proches de la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump aurait indiqué à ses collaborateurs sa volonté de mettre fin aux hostilités militaires contre l’Iran, même si le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique, restait largement fermé. Cette déclaration a immédiatement influencé les sentiments sur les marchés des matières premières.

Les contrats à terme sur le pétrole ont réagi de manière contrastée. Vers 3h42 heure de l’Est, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai cédait 0,1% à 102,78 $ le baril. Le Brent de mer du Nord pour la même échéance, après avoir temporairement baissé, regagnait 0,24% pour s’établir à 113,05 $ le baril. La volatilité reflète l’incertitude persistante quant à la durée du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ un cinquième du pétrole maritime mondial avant le conflit, et qui est pratiquement paralysé depuis les frappes américaines et israéliennes du 28 février.

L’analyse : une “guerre asymétrique” et ses répercussions économiques

Pour Ben Emons, directeur des investissements (CIO) chez Fed Watch Advisors, cité dans l’article, l’évolution du conflit crée une dynamique de plus en plus “asymétrique”. “Les États-Unis s’efforcent de mettre fin à la guerre tandis que l’Iran continue d’imposer des coûts”, a-t-il analysé. Il souligne que les “signaux verbaux” de l’administration Trump en faveur d’une désescalade se sont intensifiés après que le Brent s’est approché du seuil psychologique des 120 $ le baril, un niveau qui menace de raviver l’inflation.

Emons estime que le président américain pourrait être “contraint d’agiter le drapeau blanc pour contrôler les prix du gaz et donc l’inflation avant les élections de mi-mandat”. Dans ce contexte, il recommande aux investisseurs d’envisager “une transition du portefeuille de guerre vers un portefeuille de rebond”, anticipant une potentielle stabilisation des marchés si les hostilités diminuent. Il est important de noter que Trump avait précédemment menacé de frapper des infrastructures civiles iraniennes, y compris des usines de dessalement, pour forcer la réouverture du détroit.

Réactions en cascade sur les places asiatiques

L’incertitude géopolitique et la nervosité sur les marchés de l’énergie ont entraîné des ventes massives sur la plupart des marchés de la région Asie-Pacifique mardi. Les données de clôture illustrent cette pression :

  • Corée du Sud : Le Kospi a chuté de 4,26% pour terminer à 5 052,46 points. La petite capitalisation Kosdaq a perdu près de 5% à 1 052,39. Le won sud-coréen s’est déprécié de 0,84% à 1 529,9 pour un dollar, se rapprochant de son plus bas niveau depuis 2009.
  • Japon : Le Nikkei 225 a reculé de 1,58% à 51 063,72 points. L’indicateur plus large Topix a inversé la vapeur pour finalement gagner 1,26% à 2 497,86, montrant une certaine division au sein du marché.
  • Australie : L’indice S&P/ASX 200 a fait exception, progressant de 0,25% pour clôturer à 8 481,8 points, possiblement soutenu par ses importants secteurs miniers et énergétiques.
  • Chine et Hong Kong : L’indice Hang Seng à Hong Kong était légèrement dans le rouge en fin de séance. L’indice CSI 300 des actions de Chine continentale a chuté de 0,93% pour terminer à 4 450,05 points.
  • Inde : Les marchés indiens étaient fermés pour un jour férié.

Conclusion : entre risque géopolitique et calculs économiques

Cette séquence illustre la sensibilité extrême des marchés financiers mondiaux aux développements dans le Golfe Persique. Alors que les images de conflits filtrent depuis le terrain, comme celle des traces de missiles au-dessus de la Cisjordanie, les décisions politiques à Washington sont scrutées pour leurs implications sur l’approvisionnement énergétique et l’inflation globale. La combinaison d’une guerre “asymétrique” et de la recherche d’une sortie de crise avant les échéances politiques intérieures américaines promet de maintenir une forte volatilité sur les actifs risqués et les commodities dans les semaines à venir. Les investisseurs devront suivre de près à la fois les déclarations officielles et les réalités physiques du commerce maritime via le détroit d’Ormuz.

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