Quand le travail se retire des femmes : la pression des aidants, secret de l’« attrition » au milieu de carrière
Le discours dominant sur le « plafond de verre » suggère souvent que les femmes qui quittent les postes de direction en milieu de carrière le font par manque d’ambition ou de confiance. Pourtant, une étude récente révèle une réalité bien plus complexe et structurelle : ce n’est pas l’ambition qui s’estompe, mais bien le travail qui ne parvient pas à s’adapter aux réalités de la vie, en particulier la charge de soins non rémunérée. Ce phénomène, que les experts appellent la « pression des aidants », est le principal moteur de l’exode des talents féminins expérimentés.
La pression des aidants : un fardeau invisible et incessant
La « pression des aidants » (caregiver pressure) désigne la charge cognitive, émotionnelle et logistique liée à la coordination des soins pour les enfants, les parents âgés ou d’autres proches dépendants. Contrairement aux autres stress professionnels, elle ne suit pas les horaires de bureau. Une urgence pédiatrique à minuit, une chute d’un parent âgé, une crise scolaire inattendue : ces événements surviennent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pourtant, de nombreuses organisations continuent de traiter ces réalités comme des « problèmes personnels » sans lien avec la performance professionnelle, une vision obsolète qui a un coût colossal.
Ce que les données révèlent : la charge de soins, principal prédicteur de l’épuisement et du départ
Notre enquête nationale de 2025, menée auprès de 690 salariés américains (354 hommes et 336 femmes), apporte des preuves accablantes. Si les hommes et les femmes aidants rapportent des niveaux similaires de pression liée aux soins, les femmes supportent une charge disproportionnée : 83 %
