samedi, avril 11, 2026
Asie-PacifiqueLes actions du Japon et de la Corée du Sud augmentent alors que les investisseurs évaluent les commentaires de Trump sur la guerre en Iran et prolongent le délai

Les actions du Japon et de la Corée du Sud augmentent alors que les investisseurs évaluent les commentaires de Trump sur la guerre en Iran et prolongent le délai

Un ultimatum américain et des marchés asiatiques en demi-teinte

Alors qu’un petit bateau de pêche naviguait près d’un navire au large de Mascate, Oman, le 25 mars 2026, les investisseurs en Asie surveillaient avec une attention particulière l’évolution de la crise au Moyen-Orient. Cette image sereine contrastait avec la tourmente géopolitique et financière qui agite la région. Les marchés actions japonais et sud-coréens ont enregistré des gains, mais dans un contexte de fermeture de plusieurs places majeures pour des jours fériés, reflétant une prudence généralisée.

L’ultimatum de Washington et le rejet de Téhéran

Le président Donald Trump a renouvelé ses menaces, fixant une date butoir au mardi 31 mars à 20h00 heure de l’Est pour que l’Iran rouvre complètement le détroit d’Ormuz. Cette voie d’eau stratégique voit transiter environ 20% du pétrole mondial. Dans une publication sur les réseaux sociaux, M. Trump a promis de ramener « l’enfer » en Iran, suite au sauvetage d’un aviateur américien sur le sol iranien la semaine précédente. La Maison Blanche a confirmé que cette échéance était la nouvelle date limite pour parvenir à un accord.

Téhéran a catégoriquement rejeté cet ultimatum. Les autorités iraniennes stipulent que le détroit ne rouvrira intégralement qu’une fois les dommages causés par les combats récents réparés. Dans le même temps, l’Iran a poursuivi ses frappes sur des infrastructures économiques dans la région du Golfe, visant notamment le siège pétrolier du Koweït.

Des pourparlers de paix en coulisses, mais des perspectives minces

Selon les informations du média américain Axios, des discussions sous médiation de certains États du Golfe seraient en cours entre Washington et Téhéran. L’objectif serait un cessez-le-feu de 45 jours pour tenter de désamorcer le conflit qui a officiellement débuté le 28 février. Cependant, les analystes estiment que les chances d’un accord avant la date limite de mardi sont très faibles.

« La question est de savoir si un résultat plus favorable peut être atteint sans une nouvelle série d’échanges qui pourraient potentiellement réduire la voie à un conflit de moindre intensité à moyen terme », analyse Homin Lin, stratège macro senior chez Lombard Odier. Il ajoute que les investisseurs devraient s’attendre à une grande volatilité : « Tant que l’attente anxieuse de la clarté sur la fin de la partie iranienne se poursuivra, les marchés resteront probablement volatils. Si Trump continue de cibler le réseau électrique et les infrastructures civiles iraniennes, les actifs à risque pourraient subir une nouvelle baisse. »

Réactions des marchés asiatiques et dynamique du pétrole

La journée du lundi 25 mars était marquée par la fermeture de plusieurs places asiatiques majeures pour des raisons culturelles : Pâques en Australie, Nouvelle-Zélande et à Hong Kong, et le festival de Qingming (fête du balayage des tombes) en Chine continentale et à Taiwan. Parmi les marchés ouverts, les performances ont été contrastées :

  • Japon : Le Nikkei 225 a progressé de +1,2%, tandis que l’indice large Topix gagnait +0,6%.
  • Corée du Sud : L’indice vedette Kospi a augmenté de +0,8%, mais le Kosdaq, composé de petites capitalisations, a chuté de -1,7%.
  • Inde : Le Nifty 50 a reculé de -0,5%.

L’OPEP+ ajuste symboliquement sa production, le pétrole bondit

Dimanche, huit membres de l’OPEP+ (l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés) ont annoncé une augmentation de leurs quotas de production de 206 000 barils par jour pour le mois de mai. Cette décision est largement perçue comme symbolique, car la guerre en cours a déjà considérablement limité les expéditions de plusieurs de ces pays.

En réaction aux tensions géopolitiques et à l’incertitude sur l’approvisionnement, les prix du pétrole ont fortement augmenté. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai a grimpé de 2,57% pour atteindre 114,11 dollars. Le brut de référence international Brent a quant à lui progressé d’environ 2,62% pour s’établir à 111,65 dollars le baril.

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