mercredi, juin 17, 2026
AfriqueGambie: Gbos met en garde contre une aggravation de la crise de l'emploi dans le secteur formel

Gambie: Gbos met en garde contre une aggravation de la crise de l’emploi dans le secteur formel

Le travail informel domine le marché du travail gambien selon le GBoS

Le Bureau gambien des statistiques (GBoS) a récemment publié le rapport The Gambia Labour Market: Progress and Trends (2022‑2026), qui révèle que l’emploi informel reste largement majoritaire dans le pays. Selon les données du premier trimestre 2026, près de 86 % des personnes occupées exercent une activité sans contrat formel ni couverture de protection sociale.

Constats clés du rapport 2022‑2026

Le secteur informel représente 75,9 % de l’emploi total, tandis que le secteur formel n’en absorbe que 22,3 %. Cette situation s’explique par la persistance d’arrangements de travail peu réglementés dans plusieurs branches d’activité.

  • Construction : 98,1 % des travailleurs sont informels.
  • Agriculture : 97,7 % d’informalité.
  • Hébergement et restauration : 93,6 %.
  • Commerce de gros et de détail : 91,5 %.

Ces chiffres montrent que l’économie informelle est profondément ancrée dans les secteurs qui emploient le plus de main‑d’œuvre au Gambie.

Inégalités selon le sexe, le lieu de résidence et l’éducation

Le rapport souligne également des disparités marquées.

  • Les femmes constituent 88,7 % de la population informelle, contre 83,6 % pour les hommes.
  • Les travailleurs ruraux représentent 91,2 % de l’informalité, tandis que les urbains en représentent 83,1 %.
  • Le niveau d’éducation joue un rôle déterminant : l’informalité dépasse 92 % chez les travailleurs ayant un faible niveau d’études, mais chute à 37 % parmi ceux qui ont poursuivi des études supérieures.

Ces écarts indiquent que l’accès à l’emploi formel est fortement lié au genre, à la localisation géographique et au capital humain.

Heures de travail et sous‑emploi

En dépit d’une semaine de travail déclarée de 44 heures, la moyenne réelle des heures travaillées s’élève à 36,6 heures, laissant un écart de 7,4 heures qui témoigne d’un sous‑emploi généralisé.

Parallèlement, près de 40 % des actifs déclarent travailler plus de 49 heures par semaine, révélant une polarisation entre sous‑emploi et surcharge de travail. Cette situation, selon le GBoS, nuit à la productivité et au bien‑être des travailleurs.

Recommandations du GBoS

Face à ces constats, le Bureau gambien des statistiques appelle à une série d’interventions politiques :

  • Élargir les opportunités d’emploi formel, notamment par des incitations à la formalisation des entreprises.
  • Renforcer les systèmes du marché du travail grâce à une meilleure collecte de données et un suivi régulier.
  • Étendre la couverture de protection sociale aux travailleurs vulnérables, en particulier dans les secteurs à forte informalité.
  • Investir dans l’éducation et le développement des compétences, en ciblant les zones rurales et les groupes peu instruits.
  • Mettre en place des programmes pilotes visant à réduire les heures excessives de travail et à combler le déficit de sous‑emploi.

Le GBoS avertit que, sans réformes décisives, l’informalité continuera de limiter les recettes fiscales, d’affaiblir la protection des travailleurs et de freiner la croissance de la productivité nationale.

Sources :

  • Gambia Bureau of Statistics (GBoS). The Gambia Labour Market: Progress and Trends (2022‑2026), publié en mars 2026.
  • Organisation internationale du Travail (OIL). « Informal Employment in Africa », 2023.
  • Banque mondiale. « Gambia Economic Update », édition 2024.

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