Le sommet Trump‑Xi de mai 2026 : enjeux commerciaux et géopolitiques
Dans quelques jours, le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping se retrouveront dans les salons du Grand Palais du Peuple à Pékin. Cette rencontre, initialement prévue pour début avril puis reportée en raison du conflit au Moyen‑Orient, sera l’occasion d’aborder les points de friction qui caractérisent désormais les relations entre les deux plus grandes économies du monde.
Contexte du report et tensions au Moyen‑Orient
Le report du sommet d’avril à mi‑mai trouve son origine dans l’escalade des hostilités au Moyen‑Orient, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétique et déclenché une série de sanctions américaines contre des raffineries chinoises accusées d’avoir acheté du pétrole iranien. Pékin a répondu en invoquant une législation nationale visant à protéger ses entreprises engagées dans ces transactions, montrant ainsi sa volonté de contrer les mesures de Washington.
Ces développements illustrent combien les questions de sécurité énergétique et de droit international s’entremêlent avec les débats commerciaux, rendant le sommet d’autant plus crucial pour clarifier les lignes de conduite futures.
Les droits de douane : de l’IEEPA aux articles 301 et 232
Depuis l’annulation par la Cour suprême des tarifs imposés en vertu de l’IEEPA en février 2026, l’administration américaine cherche à reconstruire son « mur tarifaire » en s’appuyant sur d’autres autorités légales, notamment les articles 301 et 232 du Trade Act de 1974.
Avant cette décision, la Chine était soumise à un taux IEEPA de 34 % sur une large partie de ses exportations vers les États‑Unis. Aujourd’hui, le taux de base universel de 10 % prévu à l’article 122 s’applique, mais il devrait expirer en juillet 2026, laissant un vide que Washington souhaite combler.
Deux enquêtes 301 sont actuellement en cours : l’une examine une éventuelle surcapacité industrielle chinoise, l’autre se penche sur des allégations de travail forcé dans certaines filières de production. Parallèlement, l’administration envisage d’élargir le champ des produits visés par les droits de douane de l’article 232, notamment dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium.
Scénarios de tarif effectif et réponses chinoises
En s’appuyant sur les données douanières de 2025, le taux effectif de droits de douane sur les importations chinoises, en incluant les mesures existantes des articles 232 et 301, s’élève à environ 23,7 %. Ce chiffre provient du fait que plus de 60 % des marchandises chinoises sont déjà taxées à 25 % en vertu des précédents tarifs 301, avec des taux plus élevés pour certains produits comme les cellules solaires (50 %) et les véhicules électriques (100 %).
Si l’administration américaine décidait d’étendre la liste des produits concernés par les droits de douane de l’article 301 à 80 % des importations chinoises, le taux effectif monterait seulement à 27,6 %, en raison de nombreuses exclusions volontaires (pharmaceutiques, terres rares, smartphones) visant à limiter l’impact sur les consommateurs et les entreprises américaines.
Un autre scénario consisterait à doubler le taux des droits de douane de l’article 301, le faisant passer de 25 % à 50 %. Bien que cela permettrait de retrouver un niveau proche de celui observé sous l’IEEPA, une telle mesure susciterait presque certainement une riposte de Pékin. En octobre 2025, la Chine avait déjà réagi à des hausses tarifaires américaines en renforçant ses contrôles à l’exportation sur les terres rares, une stratégie qui pourrait être réactivée.
Le soja et les contrôles à l’exportation : le cadre de Busan
Au-delà des tarifs, l’accord conclu lors de la rencontre Trump‑Xi à Busan en octobre 2025 demeure un point de référence. Cet accord prévoyait notamment un engagement chinois d’acheter douze millions de tonnes de soja américain d’ici la fin de 2025, puis au moins vingt‑cinq millions de tonnes chaque année entre 2026 et 2028.
À ce jour, les rapports douaniers indiquent que la Chine est sur la bonne voie pour augmenter ses importations de soja, bien qu’il reste difficile de confirmer si l’objectif de 2025 a été pleinement atteint. Le Brésil demeure néanmoins le principal fournisseur de Pékin, avec plus de quatre‑vingts millions de tonnes livrées en 2025, ce qui donne à la Chine une certaine marge de manœuvre pour modérer sa dépendance aux producteurs américains sans compromettre les volumes convenus.
Par ailleurs, les deux parties examinent la possibilité d’ajuster les contrôles à l’exportation sur les semi‑conducteurs américains en échange d’assouplissements concernant les licences d’exportation des terres rares, toujours soumises à des restrictions liées à la sécurité nationale.
Détente ou escalade ? Perspectives pour le reste de l’année
Le sommet de mai 2026 ne promet pas de résoudre définitivement l’ensemble des différends, mais il donnera le ton pour les mois à venir. Selon l’issue des discussions, deux scénarios semblent probables :
- Une période de détente prolongée, durant laquelle les deux pays continueraient à se découpler dans des secteurs stratégiques tout en maintenant un dialogue limité sur les questions commerciales.
- Un nouveau cycle d’escalade tac au tac, où chaque nouvelle mesure tarifaire ou de contrôle à l’exportation déclencherait une réponse similaire de l’autre partie, reminiscent des affrontements observés entre 2018 et 2020.
Quelle que soit la trajectoire suivie, les analystes s’accordent à dire que les frictions
