jeudi, juin 18, 2026
Royaume-UniPrévisions des taux d'intérêt de la Banque d'Angleterre du 18 juin dans une nouvelle mise à jour d'experts

Prévisions des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre du 18 juin dans une nouvelle mise à jour d’experts

La Banque d’Angleterre se prépare à une décision cruciale sur les taux d’intérêt

Jeudi, le gouverneur Andrew Bailey et le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre se réuniront à Threadneedle Street pour déterminer l’avenir des coûts d’emprunt au Royaume‑Uni. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une inflation relativement stable, des développements géopolitiques au Moyen‑Orient et une certaine agitation politique intérieure.

Inflation maîtrisée pour le moment

Selon les dernières données de l’Office for National Statistics (ONS), l’indice des prix à la consommation (IPC) est resté inchangé à 2,8 % en mai 2026, identique au niveau enregistré en avril. Ce résultat est inférieur à la prévision moyenne des économistes, qui tablaient sur une hausse à 3 %. Bien que l’inflation demeure au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Banque, l’absence de toute augmentation en mai offre un certain répit au MPC, qui utilise les taux d’intérêt comme principal levier pour maîtriser la hausse des prix.

Impact de l’accord États‑Unis‑Iran sur les marchés de l’énergie

Quelques jours avant la réunion de la Banque d’Angleterre, le président américain Donald Trump a annoncé qu’un accord de paix avait été conclu avec l’Iran, devant être signé vendredi. Cet accord devrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz, voie stratégique qui transporte environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. Dès l’annonce, les prix du brut ont commencé à refluer vers leurs niveaux d’avant la crise, réduisant ainsi la pression inflationniste liée à l’énergie. Toutefois, les analystes préviennent que l’effet pourrait être temporaire.

Échéancier politique local : élection partielle à Makerfield

La décision de la Banque d’Angleterre sera prise seulement quelques heures avant une élection partielle dans la circonscription de Makerfield, où le maire de Greater Manchester, Andy Burnham, cherche à reprendre un siège au Parlement. Un retour de Burnham pourrait intensifier la pression sur le chef du Parti travailliste, Sir Keir Starmer, qui fait déjà face à des interrogations sur sa capacité à diriger le pays. Burnham a précédemment critiqué la gestion du gouvernement britannique des marchés obligataires, arguant que le Royaume‑Uni ne devrait plus être « aux commandes » de la dette publique, une position qui a suscité l’inquiétude de certains investisseurs.

Analyse des experts et perspectives à moyen terme

Victoria Scholar, responsable des investissements chez Interactive Investor, estime que « les données sur l’inflation plus faibles que prévu renforcent les arguments en faveur du maintien des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre jeudi ». Elle ajoute toutefois que la stratégie actuelle consiste à « gagner du temps pour digérer l’ampleur de toute répercussion de l’inflation résultant du choc énergétique de la guerre en Iran cette année ». Selon elle, malgré la baisse actuelle des prix du pétrole, une hausse de l’inflation est attendue cet été lorsque le plafond des prix de l’énergie d’Ofgem sera révisé en juillet.

Cette prudence est partagée par d’autres observateurs. La Banque centrale européenne a récemment relevé son taux directeur de 25 points de base, citant des pressions inflationnistes liées au conflit en Ukraine et à la volatilité des marchés de l’énergie. De son côté, la Réserve fédérale américaine devrait maintenir ses taux inchangés lors de sa réunion de mercredi soir, selon les indications du Federal Open Market Committee.

Ce que cela signifie pour les ménages et les entreprises

Si la Banque d’Angleterre décide de laisser les taux à leur niveau actuel de 3,75 %, les coûts des prêts immobiliers, des crédits à la consommation et des financements d’entreprise resteront relativement stables dans le court terme. Toutefois, les ménages devront rester vigilants face à une éventuelle hausse de l’inflation liée à la révision du plafond énergétique d’Ofgem, qui pourrait entraîner une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat. Les entreprises, notamment celles fortement dépendantes de l’importation de matières premières, surveilleront étroitement l’évolution des prix du pétrole et les éventuelles répercussions de l’accord États‑Unis‑Iran sur leurs chaînes d’approvisionnement.

Conclusion

La réunion de jeudi représente un moment clé pour la politique monétaire britannique. Entre des chiffres d’inflation plus doux qu’anticipé, un potentiel apaisement des tensions au Moyen‑Orient et une scène politique nationale en pleine effervescence, la Banque d’Angleterre devra peser soigneusement les risques à court et à moyen terme. Les décisions prises auront des répercussions directes sur le coût de la vie, l’accès au crédit et la confiance des investisseurs dans la résilience de l’économie du Royaume‑Uni.

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