mercredi, juin 17, 2026
AfriqueNigeria : Équilibrer les exportations de gaz et l'utilisation locale pour le développement, déclare Ekpo aux gouvernements africains

Nigeria : Équilibrer les exportations de gaz et l’utilisation locale pour le développement, déclare Ekpo aux gouvernements africains

Le ministre nigérian Ekperikpe Ekpo appelle à un équilibre stratégique entre exportations de gaz naturel et utilisation intérieure en Afrique

Lors du troisième atelier de la Journée de l’Afrique du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), tenu à Doha, au Qatar, le ministre d’État nigérian chargé des Ressources pétrolières (gaz) et président de la réunion ministérielle 2026 du GECF, Rt. Hon. Ekperikpe Ekpo, a souligné la nécessité d’une approche réfléchie pour concilier les exportations de gaz naturel avec les besoins domestiques du continent.

Contexte de l’intervention

L’atelier s’est déroulé dans le cadre des célébrations du 63ᵉ anniversaire de la Journée de l’Afrique et du jubilé d’argent du GECF, organisation qui regroupe les principaux producteurs de gaz naturel au niveau mondial. Selon les données publiées par le GECF en 2023, l’Afrique possède environ 7 % des réserves mondiales de gaz naturel, soit près de 15 trillions de mètres cubes, mais seulement une fraction de ces ressources est actuellement valorisée sur le marché intérieur.

Les enjeux du gaz pour le développement africain

Ekpo a rappelé que les exportations de gaz restent essentielles pour générer des recettes publiques, attirer les investissements étrangers et assurer l’accès aux marchés internationaux. Toutefois, il a insisté sur le fait que la simple orientation vers l’exportation, sans renforcer simultanément les capacités nationales, risque de laisser les pays africains confrontés à :

  • Des pénuries d’électricité persistantes;
  • Une industrialisation faible ou stagnante;
  • Des infrastructures énergétiques limitées;
  • Une création d’emplois insuffisante malgré les revenus d’exportation.

Le ministre a cité plusieurs secteurs où le gaz naturel pourrait jouer un rôle transformateur lorsqu’il est destiné à l’usage domestique :

  • Production d’électricité (centrales à gaz à cycle combiné);
  • Industrialisation (sidérurgie, chimie, matériaux de construction);
  • Fabrication d’engrais pour soutenir l’agriculture;
  • Initiatives de cuisine propre visant à réduire la dépendance au bois de feu et au charbon;
  • Création d’emplois directs et indirects dans la chaîne de valeur du gaz.

Selon un rapport de la Banque africaine de développement (AfDB) publié en 2022, chaque milliard de mètres cubes de gaz utilisé localement pourrait générer jusqu’à 0,5 % de croissance du PIB dans les pays subsahariens, grâce à l’effet multiplicateur sur l’industrie et les services.

Recommandations du ministre et rôle du GECF

Ekpo a proposé une feuille de route en trois points pour parvenir à un équilibre durable :

  1. Planification basée sur des preuves : réaliser des études d’impact énergético‑économiques afin d’identifier les volumes optimaux à allouer à l’exportation et à la consommation intérieure;
  2. Coopération technique et échange de données : mettre en place des plateformes régionales de partage d’informations sur les réserves, les infrastructures et les meilleures pratiques;
  3. Implication du secteur privé : créer des cadres incitatifs (contrats de partage de production, garanties de paiement) pour encourager les investissements dans les projets de gaz domestique.

Le GECF, quant à lui, s’est engagé à soutenir ces initiatives par l’analyse fondée sur des données, la coopération technique entre ses membres et la facilitation d’échanges d’expériences pratiques. Lors de l’atelier, le secrétaire général du GECF a rappelé que l’organisation avait déjà lancé, en 2021, un programme de « Gaz pour le Développement » visant à financer des projets de valorisation locale du gaz dans plusieurs pays africains.

Perspectives et défis à venir

Si les réserves africaines de gaz offrent un potentiel considérable, leur mise en valeur dépendra de la capacité des gouvernements à instaurer une gouvernance transparente, à attirer des investissements responsables et à coordonner les politiques énergétiques régionales. Les défis incluent également la nécessité de réduire les émissions de méthane liées à l’extraction et au transport, afin de respecter les engagements climatiques pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

En définisant clairement la place du gaz naturel tant à l’exportation qu’en usage domestique, les pays africains peuvent transformer cette ressource en un véritable levier de transformation structurelle, comme l’a affirmé Ekperikpe Ekpo : « Les exportations peuvent générer des revenus, de l’ampleur et la confiance des investisseurs. L’utilisation nationale peut générer un multiplicateur de développement. Ensemble, elles peuvent transformer le gaz naturel d’une source de revenus fiscaux en un moteur de transformation structurelle. »

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