Actualité africaine : épidémie d’Ebola, manifestations, libertés et droits humains
Épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo
Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) a déjà fait au moins 131 morts et enregistré plus de 513 cas suspects. Le virus responsable appartient à la souche Bundibugyo, moins fréquente que la souche Zaïre mais néanmoins hautement pathogène.
Face à cette situation, l’OMS a déclaré l’éruption une urgence de santé publique de portée internationale, appelant à une coordination renforcée entre les pays voisins. L’Ouganda a confirmé deux cas importés et un décès, tandis que les autorités congolaises intensifient le traçage des contacts et la mise en place de centres de traitement.
Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estiment que le risque pour les États-Unis reste faible, mais ils prévoient néanmoins des mesures de contrôle aux frontières et un renforcement de la surveillance dans les aéroports internationaux. De son côté, l’OMS recommande à la RDC et à l’Ouganda de mettre en place des dépistages transfrontaliers afin d’éviter toute propagation supplémentaire du virus.
- Source : Organisation mondiale de la santé, communiqué du 24 septembre 2024.
- Source : Centers for Disease Control and Prevention, avis de risque du 26 septembre 2024.
Manifestations au Kenya contre la hausse des prix du carburant
Au Kenya, une série de manifestations nationales a éclaté après l’annocation d’une forte hausse des prix du carburant. Le secrétaire du Cabinet de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, a indiqué que quatre personnes avaient perdu la vie et que trente autres avaient été blessées lors des affrontements qui ont touché plusieurs villes, dont Nairobi, Mombasa et Kisumu.
Les protestataires dénoncent l’impact de l’augmentation du coût du transport sur les prix des denrées de base et réclament une intervention rapide du gouvernement pour alléger le fardeau financier des ménages. Les forces de sécurité ont été déployées afin de contenir les troubles, tandis que le gouvernement appelle au calme et promet d’ouvrir un dialogue constructif avec les représentants de la société civile.
- Source : Déclaration de Kipchumba Murkomen, point de presse du 22 septembre 2024.
Décision de justice nigériane et inquiétudes pour les libertés civiques
Une haute cour nigériane a récemment condamné le Socio‑Economic Rights and Accountability Project (SERAP) à verser 72 000 dollars de dommages et intérêts à deux fonctionnaires du Département des services de l’État (DSS). Le tribunal a également ordonné à l’organisation de publier des excuses publiques et de régler les frais de justice.
Cette décision fait suite à une plainte du DSS alléguant une intrusion illégale dans ses locaux par SERAP en 2024, après que l’ONG ait critiqué la Nigerian National Petroleum Company concernant la hausse des prix du carburant. SERAP a interjeté appel et demandé un sursis à exécution, dénonçant le jugement comme une « parodie » et affirmant que la cour s’est appuyée sur des preuves défectueuses et commis des erreurs de procédure.
Plus de cinquante organisations de la société civile ont exprimé leur crainte que ce précédent ne restreigne la liberté d’expression et décourage les actions d’intérêt public au Nigeria.
- Source : Jugement de la Haute Cour fédérale du Nigéria, 18 septembre 2024.
- Source : Communiqué de SERAP, 20 septembre 2024.
Manifestations anti‑immigrants en Afrique du Sud : dénonciation du bouc émissaire
Le groupe « March and March » a organisé une série de rassemblements à Durban, Pretoria et Johannesburg au cours du mois dernier. Les participants, souvent armés d’armes traditionnelles, ont ciblé des personnes perçues comme immigrées, entraînant des agressions, la fermeture de commerces et un climat de tension dans plusieurs quartiers.
Bien que le groupe affirme viser uniquement les migrants sans papiers, les observateurs dénoncent des actions aveugles qui touchent également des résidents légaux et des réfugiés. Plusieurs partis politiques, dont l’Alliance patriotique, ont repris le discours selon lequel les étrangers seraient responsables des problèmes socio‑économiques du pays, allant jusqu’à proposer l’expulsion massive et la construction d’un mur à la frontière.
Des chercheurs soulignent toutefois que les études montrent que les immigrants, avec ou sans papiers, contribuent généralement de façon positive à l’économie sud‑africaine, en comblant des pénuries de main‑d’œuvre et en stimulant l’innovation.
- Source : Rapport de l’Institut d’études sur les migrations d’Afrique du Sud, septembre 2024.
- Source : Déclaration de l’Alliance patriotique, 12 septembre 2024.
