Ndindi Nyoro propose une intervention d’urgence pour faire baisser les prix du carburant au Kenya
Le 12 avril 2026, l’ancien président du comité budgétaire de la Chambre, Ndindi Nyoro, député de Kiharu, a appelé le gouvernement kenyan à agir rapidement afin de ramener le prix du super essence en dessous de 190 shillings le litre. Cette prise de parole intervient après que l’Autorité de régulation de l’énergie et du pétrole (EPRA) ait annoncé, le même jour, une hausse substantielle des tarifs à la pompe, portant le super essence à 214,25 shillings et le diesel à 242,92 shillings à Nairobi.
Contexte de la hausse des prix
Selon le rapport mensuel publié par l’EPRA le jeudi précédent, le super essence a augmenté de 16,65 shillings le litre tandis que le diesel a bondi de 46,29 shillings. L’autorité attribue ces augmentations à la montée des coûts mondiaux du pétrole, notamment une hausse de plus de 20 % du coût au débarquement du diesel importé entre mars et avril 2026.
Cependant, Nyoro souligne que la charge fiscale locale et les marges de distribution restent les principaux déterminants du prix final payé par les consommateurs. Selon ses estimations, près de 75 shillings par litre proviennent de taxes et prélèvements, tandis que le reste, environ 25 shillings, correspond aux marges des distributeurs, détaillants et grossistes.
Le plan en trois volets de Ndindi Nyoro
Lors d’une conférence de presse tenue à Nairobi, le député a exposé une série de mesures qu’il juge nécessaires pour contrer l’impact inflationniste de la flambée des carburants. Il propose :
- Une réduction immédiate de 4 shillings par litre des marges appliquées aux distributeurs, détaillants et grossistes, faisant passer la moyenne actuelle d’environ 22 shillings à 18 shillings.
- La suppression temporaire de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 8 % sur les produits pétroliers, rétablie par l’avis juridique n° 70 du 15 avril 2026.
- L’abolition de l’augmentation de la taxe d’entretien routier de 7 shillings introduite en 2024, mesure qui, selon lui, permettrait de faire descendre le prix du super essence à environ 186 shillings le litre et celui du diesel à environ 189 shillings le litre.
Nyoro affirme que ces ajustements, combinés à un déblocage de 5 milliards de shillings provenant du Fonds de stabilisation des carburants pour soutenir spécifiquement le diesel, auraient un effet direct sur les coûts de production et de transport, secteurs où le diesel occupe une place prépondérante.
Appel à la responsabilité parlementaire
Le député a également indiqué avoir déjà adressé une demande officielle au greffier de l’Assemblée nationale afin d’obtenir des modifications à la fois à la loi sur la TVA et au cadre de la taxe d’entretien routier. Il prévoit de lancer un processus de suivi où chaque parlementaire devra déclarer publiquement son soutien ou son opposition aux amendements proposés, permettant ainsi aux citoyens kenyanes de voir clairement qui se tient à leurs côtés durant cette crise.
« Nous dépensons un peu plus d’argent en termes de dérogations et de subventions, et ensuite nous protégeons l’économie à moyen et long terme », a déclaré Nyoro aux journalistes. Il a ajouté que l’inaction entraînerait des pressions inflationnistes pouvant coûter « des centaines de milliards » à l’économie nationale.
Réactions et perspectives
Les analystes du secteur énergétique soulignent que, bien que la réduction des marges et des taxes puisse offrir un soulagement immédiat, elle doit être accompagnée d’une stratégie à plus long terme visant à diversifier les sources d’énergie et à renforcer l’efficacité énergétique. Le ministère de l’Énergie n’a pas encore publié de réponse officielle à la proposition de Nyoro, mais des sources internes indiquent qu’une réunion d’urgence du cabinet est prévue pour examiner les options fiscales disponibles.
En attendant, les consommateurs kenyans continuent de ressentir l’impact de la hausse des prix du carburant sur leurs dépenses quotidiennes, notamment dans les domaines du transport, de l’agriculture et de la petite industrie. La proposition de Ndindi Nyoro, si elle est adoptée, pourrait offrir un répit temporaire tout en ouvrant le débat sur la nécessité d’une réforme plus structurelle de la fiscalité énergétique au Kenya.
Sources : Rapport mensuel de l’EPRA (avril 2026), déclarations de Ndindi Nyoro lors de la conférence de presse du 12 avril 2026, données publiées par AllAfrica et les archives parlementaires kenyanes.
