Contexte des relations sino‑américaines avant la visite envisagée de Donald Trump
Depuis le sommet de 2017 à Pékin, où le président Donald Trump avait rencontré son homologue Xi Jinping, les échanges entre les États‑Unis et la Chine ont connu une succession de périodes de coopération et de tension. Selon les données du Bureau du représentant américain au commerce (USTR), le déficit commercial américain avec la Chine s’est stabilisé autour de 345 milliards de dollars en 2023, tandis que les droits de douane moyens appliqués par Washington sur les importations chinoises sont passés de 3,1 % en 2016 à 19,3 % en 2023 après les vagues de mesures tarifaires de 2018‑2020.
Parallèlement, les ventes d’armes américaines à Taïwan restent un sujet sensible. Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) indique que les États‑Unis ont autorisé pour 2,3 milliards de dollars d’équipements militaires à Taïwan entre 2020 et 2023, incluant des systèmes de défense aérienne et des missiles de croisière. Ces livraies sont régulièrement dénoncées par Pékin comme une violation du principe d’une seule Chine.
Historique des sommets présidentiels
Le dernier sommet bilatéral de haut niveau entre un président américain et son homologue chinois remonte à la visite d’État de Donald Trump en novembre 2017. Depuis, aucun président américain en exercice n’a effectué de visite officielle en Chine, bien que des échanges de haut niveau se soient poursuivis par le biais de réunions du G20, du forum économique de Davos et de dialogues stratégiques annuels.
Ce que les analystes de Bloomberg ont observé lors du segment « Bloomberg This Weekend »
Lors de l’émission du matin, Stephen Engle, correspondant en chef de Bloomberg News pour l’Asie du Nord, et Courtney Subramanian, correspondante à la Maison Blanche, ont rejoint Christina Ruffini et David Gura pour analyser les éventuels résultats d’une nouvelle visite de Trump en Chine. Leur discussion s’est appuyée sur le compte‑rendu du précédent sommet de 2017, les déclarations récentes de l’administration Biden sur la concurrence stratégique, ainsi que sur les dernières données commerciales publiées par le département du Commerce américain.
Accords et avancées modestes
Les intervenants ont souligné que, même dans un scénario où la visite serait principalement protocolaire, plusieurs points pourraient faire l’objet d’accords limités :
- Un engagement à poursuivre les négociations sur la propriété intellectuelle, inspiré du « Phase One » accord de janvier 2020, qui avait réduit certaines pratiques jugées déloyales par Washington.
- Une déclaration conjointe sur la lutte contre le changement climatique, reprenant les objectifs du Accord de Paris et prévoyant des projets conjoints d’énergies renouvelables d’une capacité estimée à 15 GW d’ici 2030.
- Un cadre de dialogue renouvelé sur la sécurité maritime en mer de Chine méridionale, visant à réduire les risques d’incidents entre les marines américaine et chinoise.
Ces propositions, toutefois, resteraient largement symboliques sans mécanismes de suivi contraignants, comme l’a noté Engle : « Les déclarations d’intention sont fréquentes, mais la mise en œuvre nécessite des vérifications tierces et des calendriers précis, qui font encore défaut. »
Défis restant à résoudre
Malgré l’optique positive générée par les dîners et les festivités évoqués dans le segment, les analystes ont identifié trois domaines où les progrès restent peu apparents :
- Les droits de douane : aucune réduction substantielle n’est prévue à court terme ; les tarifs moyens restent près de 19 % sur un large éventail de produits, allant de l’acier aux composants électroniques.
- Le commerce des services et de la technologie : les restrictions américaines sur les exportations de semi‑conducteurs vers la Chine, instaurées en 2022, continuent de limiter les chaînes d’approvisionnement sino‑américaines, avec une baisse estimée de 12 % des exportations de puces américaines vers la Chine en 2023 selon le recensement du Bureau of the Census.
- Les ventes d’armes à Taïwan : les analystes estiment que toute nouvelle visite américaine en Chine serait perçue comme une opportunité pour Pékin de demander un gel ou un recul de ces livraies, alors que le Congrès américain montre peu de volonté de céder sur ce point stratégique.
Subramanian a ajouté que « la perception d’un sommet réussi dépend autant de la symbolique que des résultats concrets ;
