Contexte historique : le poids d’un nom
Ferdinand « Bongbong » Marcos Jr est le fils de l’ancien président Ferdinand Marcos, dont le régime autoritaire (1965‑1986) reste profondément ancré dans la mémoire collective philippine. Malgré les efforts de réconciliation nationale entrepris après la révolution de People Power, le nom de famille continue d’évoquer à la fois la nostalgie d’une époque de développements d’infrastructures et les souvenirs des violations des droits humains.
Lors de son élection en 2022, Marcos Jr a hérité d’une légitimité contestée : selon une enquête de Social Weather Stations menée en mai 2022, seulement 38 % des répondants considéraient que son nom de famille était un atout, tandis que 42 % le percevaient comme un fardeau.
Défis économiques dans un monde en rupture
Croissance et inflation
Les indicateurs macroéconomiques montrent une économie philippine résiliente mais sous pression. La Banque mondiale rapporte une croissance du PIB de 5,6 % en 2023, soutenue par la consommation intérieure et les envois de fonds des travailleurs étrangers (source). Toutefois, l’inflation moyenne annuelle a atteint 8,7 % la même année, principalement tirée par la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires (Asian Development Bank, 2024).
Investissements directs étrangers (IDE)
Le climat d’incertitude géopolitique – notamment les tensions en mer de Chine méridionale et la réorientation des chaînes d’approvisionnement mondiales – a entraîné un recul des IDE. Selon la CNUCED, les flux d’IDE vers les Philippines sont passés de 10,2 milliards USD en 2022 à 8,4 milliards USD en 2023 (source). Cette baisse limite la capacité du gouvernement à financer les projets d’infrastructures promis lors de la campagne.
Réponse politique
Face à ces défis, l’administration Marcos Jr a mis en place le programme « Build, Build, Build » version 2.0, visant à accélérer les projets de transport, d’énergie renouvelable et de logement social. En 2023, le budget alloué aux infrastructures a représenté 22 % du total des dépenses publiques, contre 18 % en 2021 (Département du Budget et de la Gestion).
Paysage technologique en évolution rapide
Les Philippines connaissent une transformation numérique accélérée. Le taux de pénétration d’Internet a dépassé 73 % de la population en 2023, selon l’Union internationale des télécommunications (source). Le secteur des start‑ups technologiques a attiré près de 1,1 milliard USD de capitaux risque en 2023, une hausse de 27 % par rapport à l’année précédente (Statista).
Marcos Jr a souligné l’importance de l’économie numérique lors de son discours sur l’état de la nation 2023, promettant des incitations fiscales pour les entreprises de la fintech, de l’e‑learning et de l’agritech. Toutefois, la mise en œuvre de ces mesures reste inégale, notamment en raison de la fragmentation réglementaire entre les agences gouvernementales.
Tensions politiques : la rivalité avec la vice‑présidente Sara Duterte
La vice‑présidente Sara Duterte, fille de l’ancien président Rodrigo Duterte, représente une autre lignée politique influente. Bien que les deux dirigeants aient initialement présenté un front uni, des divergences sont apparues sur la gestion de la réponse aux catastrophes naturelles et sur la réforme du système judiciaire.
Un sondage réalisé par Pulse Asia en septembre 2023 indique que 45 % des Philippins font davantage confiance à la vice‑présidente pour gérer les affaires sociales, contre 38 % pour le président (source). Cette perception a alimenté des spéculations sur une possible course à la présidence en 2028, poussant Marcos Jr à chercher à se démarquer par des réalisations propres.
Vers un héritage propre : les priorités de Marcos Jr
Renforcer la résilience économique
Le président a annoncé un plan de réduction de la dépendance aux importations de carburant, visant à augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national de 35 % d’ici 2028 (
