Bernd Lange défend le processus législatif de l’UE face aux pressions américaines
Publié le 05/08/2026 – 15:33 GMT+2, mis à jour à 16:01, cet article revient sur les déclarations de l’eurodéputé allemand Bernd Lange (S&D), principal négociateur du Parlement européen concernant l’accord commercial UE‑États‑Unis signé l’année dernière à Turnberry.
Dans un communiqué diffusé vendredi, Lange a rejeté les critiques américaines selon lesquelles l’Union européenne avancerait trop lentement dans la mise en œuvre de l’accord. Il a souligné que les procédures démocratiques européennes ne sauraient être dictées par des menaces publiées sur les réseaux sociaux.
« Nos procédures démocratiques ne sont pas négociables. Même par temps orageux, nous maintenons fermement le cap. »
— Bernd Lange, eurodéputé (S&D)
Contexte de l’accord UE‑États‑Unis
L’accord, conclu en 2025, prévoit notamment la suppression progressive des droits de douane sur les produits américains importés dans l’UE, en échange d’engagements d’investissement européen aux États‑Unis. Selon le texte officiel publié par la Commission européenne, le plafond des droits de douane que l’UE accepte de maintenir sur certains produits américains est fixé à 15 %.
Cependant, dès l’annonce de l’accord, plusieurs groupes politiques au Parlement européen ont exprimé leurs réserves, considérant le déséquilibre potentiel entre les concessions européennes et les avantages américains.
Menaces américaines et réactions européennes
Le président américain Donald Trump a, à plusieurs reprises, intensifié la pression sur Bruxelles. Début juillet 2026, il a fixé au 4 juillet la date limite pour que l’UE réduise à zéro ses droits de douane sur les produits américains, sous peine de nouvelles mesures tarifaires.
Fin juin, Trump avait déjà menacé d’imposer un droit de douane de 25 % sur les automobiles européennes, bien au‑delà du plafond de 15 % convenu à Turnberry. Ces déclarations ont été rapportées par des agences de presse telles que Reuters et l’AFP.
Blocage des négociations internes à l’UE
Malgré la pression extérieure, les négociations entre le Parlement européen et les États membres sont restées bloquées. Mercredi soir, les colégislateurs n’ont pas réussi à trouver un accord sur les garanties que le Parlement souhaite intégrer au texte.
Parmi les points de discorde figurent :
- Une « clause de temporisation » prévoyant la fin de l’accord en mars 2028 ;
- Un mécanisme de suspension en cas de nouvelles menaces tarifaires américaines, de distorsions du marché liées aux importations américaines ou de coercition économique ;
- Des dispositions visant à protéger l’accord contre l’incertitude juridique aux États‑Unis, notamment à la lumière de récentes décisions de justice.
Décisions de justice américaines influençant le débat
L’eurodéputé Lange a rappelé que les récentes décisions des tribunaux américains renforcent la nécessité de prévues des safeguards européens. Le jeudi précédant sa déclaration, la Cour américaine du commerce international a bloqué l’application de droits de douane affectant deux sociétés plaignantes. Par ailleurs, en février 2026, la Cour suprême des États‑Unis a jugé illégaux les droits de douane de 2025 imposés par l’administration précédente.
Ces décisions, largement couvertes par des médias juridiques tels que Law360 et Bloomberg Law, illustrent l’instabilité du environnement tarifaire outre‑Atlantique et justifient, selon Lange, l’inclusion d’un « filet de sécurité » dans la législation européenne.
Prochaines étapes
Un nouveau cycle de négociations entre les législateurs européens et les États membres est prévu le 19 mai 2026. Les deux parties espèrent parvenir à un compromis pouvant être adopté sans débat supplémentaire par le Parlement en juin, avant la dernière échéance fixée par Trump.
Si un accord est trouvé, il devra encore être approuvé par le Conseil de l’Union européenne avant d’entrer en vigueur, un processus qui devrait prendre plusieurs semaines conformément aux procédures ordinaires de l’UE.
Sources : Communiqué du Parlement européen (2 mai 2026), Reuters – « Trump threatens new EU car tariffs » (28 juin 2026), AFP – « US Court of International Trade blocks Trump‑era tariffs » (02 août 2026), Décision de la Cour suprême des États‑Unis, février 2026.
