samedi, mai 9, 2026
EuropeIl ne s’agit pas seulement du Big Oil. Les géants de l’énergie éolienne saluent la baisse des bénéfices alors que la guerre en Iran stimule le changement énergétique

Il ne s’agit pas seulement du Big Oil. Les géants de l’énergie éolienne saluent la baisse des bénéfices alors que la guerre en Iran stimule le changement énergétique

La transition énergétique accélérée par les tensions géopolitiques

Depuis plusieurs années, les analystes soulignent que les chocs géopolitiques peuvent servir de catalyseur à la décarbonation des économies. En 2024‑2025, la combinaison de la guerre en Ukraine, des tensions persistantes au Moyen‑Orient et de la volatilité des marchés des hydrocarbures a poussé de nombreux gouvernements à réévaluer leur dépendance aux importations de combustibles fossiles. Cette prise de conscience se traduit par un renouvellement de l’intérêt pour les énergies renouvelables, notamment l’éolien terrestre et offshore, perçu comme un levier de sécurité énergétique et d’indépendance stratégique.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les investissements mondiaux dans l’éolien ont atteint un record de 130 milliards de dollars en 2023, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente, largement portée par la volonté de réduire l’exposition aux fluctuations des prix du gaz naturel [1]. Cette tendance se confirme dans les déclarations des principaux acteurs du secteur, qui voient dans les incertitudes géopolitiques une opportunité de renforcer leurs carnets de commandes.

Impact des conflits sur la sécurité énergétique

Les responsables politiques insistent désormais sur le lien entre autonomie énergétique et résilience face aux crises internationales. Lors du sommet européen de l’énergie de mars 2025, la présidente de la Commission européenne a déclaré que « chaque euro investi dans l’éolien offshore réduit la vulnérabilité de l’Union aux approvisionnements externes de gaz » [2]. Cette logique s’appuie sur des analyses montrant que les parcs éoliens offshore peuvent fournir une production stable et prévisible, moins sensible aux perturbations des routes maritimes que les livraisons de gaz liquéfié.

Dans le même sens, le secrétaire à l’Énergie des États-Unis a souligné, lors d’une audition au Congrès en février 2025, que le développement de l’éolien terrestre dans le Midwest permettait de diminuer la dépendance du réseau électrique aux centrales au charbon situées près des frontières internationales [3]. Ces déclarations illustrent comment la sécurité énergétique est devenue un argument central dans les décisions d’investissement publiques et privées.

Le rôle de l’éolien offshore dans la diversification

L’éolien offshore bénéficie d’avantages techniques qui le rendent particulièrement adapté à un contexte de volatilité géopolitique : des facteurs de capacité supérieurs à 50 % en mer du Nord, une proximité avec les centres de consommation urbaine et une capacité à être déployé à grande échelle sans empiéter sur les terres agricoles [4]. Plusieurs projets emblématiques illustrent cette dynamique :

  • Le parc offshore Hornsea 3 au Royaume‑Uni, d’une capacité de 2,4 GW, devrait entrer en service fin 2026 et devenir le plus grand parc éolien du monde [5];
  • Le projet Baltic Sea Wind en Pologne, développé par un consortium incluant Orsted et PGE, vise 1,5 GW d’ici 2028 [6];
  • Aux États‑Unis, le parc Vineyard Wind 1 au large du Massachusetts, déjà en exploitation depuis 2024, fournit suffisamment d’électricité pour alimenter plus de 400 000 foyers [7].

Ces installations contribuent à diversifier le mix énergétique tout en réduisant les émissions de CO₂ du secteur électrique, un objectif réaffirmé par l’Accord de Paris et les stratégies nationales de neutralité carbone.

Les performances récentes des acteurs du secteur éolien

Les annonces de résultats financiers des principaux fabricants et développeurs montrent que l’exécution opérationnelle reste un facteur clé pour tirer parti du contexte géopolitique favorable.

Vestas : exécution renforcée malgré l’incertitude

Le groupe danois Vestas a publié, le 24 avril 2025, ses résultats du premier trimestre 2025, faisant état d’une amélioration de sa marge brute grâce à une meilleure gestion de la chaîne d’approvisionnement et à une hausse des commandes onshore et offshore [8]. Le directeur financier a expliqué que l’accent mis sur l’exécution des projets en cours, plutôt que sur la simple poursuite de nouveaux appels d’offres, permettait de limiter les risques liés aux fluctuations des devises et aux retards logistiques.

Vestas a également indiqué

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