Escalade au Moyen-Orient : Trump évoque une fin imminente du conflit avec l’Iran, Téhéran pose ses conditions
Dans un contexte de tensions croissantes dans le golfe Persique et au Yémen, l’ancien président américain Donald Trump a affirmé, le 14 octobre 2024, que les États-Unis mettraient fin au conflit avec l’Iran « d’ici deux ou trois semaines », whether un accord de paix était conclu ou non. Ces déclarations, faites en prévision d’un discours télévisé qu’il devait prononcer devant la nation américaine, surviennent alors que le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré que son pays n’envisagerait de mettre un terme aux hostilités que sous réserve de « garanties » de sécurité formelles. Pendant ce temps, l’administration Biden a confirmé l’envoi de renforts militaires supplémentaires dans la région du Golfe, tandis que les attaques iraniennes et de ses proxies se multiplient, menaçant la sécurité maritime.
Les déclarations de Trump : une timetable controversée
Donald Trump, en campagne pour l’élection présidentielle de novembre 2024, a avancé un calendrier très précis pour une résolution du conflit avec Téhéran. « Nous allons mettre fin à cela dans environ deux ou trois semaines », a-t-il déclaré lors d’un meeting en Floride, selon des propos rapportés par The New York Times. Cette affirmation intervient alors que son administration avait retiré les États-Unis de l’accord nucléaire JCPOA en 2018 et avait ordonné l’élimination du général iranien Qassem Soleimani en 2020, événements qui ont marqué une escalade des tensions. Les experts en politique étrangère soulignent que de telles déclarations, en pleine campagne électorale, peuvent être perçues comme une tentative d’influencer l’opinion publique ou les calculs stratégiques de l’adversaire, mais manquent souvent de précision sur les moyens concrets pour y parvenir.
La condition iranienne : des garanties de sécurité contraignantes
En réponse, le président iranien Masoud Pezeshkian, élu en juillet 2024 sur une plateforme de modération relative, a tempéré tout optimisme. Dans une interview à l’agence de presse iranienne IRNA, il a indiqué que l’Iran « examinera sérieusement » la fin des hostilités uniquement si des « garanties de sécurité » crédibles et vérifiables lui sont offertes. Cette posture reflète la méfiance historique de Téhéran envers les engagements américains, après l’abandon unilatéral de l’accord nucléaire par les États-Unis. Selon des analystes du International Crisis Group, ces garanties pourraient inclure des engagements formels sur la non-ingérence dans les affaires iraniennes, la levée des sanctions économiques les plus dures, et des mécanismes de vérification multilatéraux, exigences que Washington a jusqu’ici rejetées.
Escalade militaire et attaques asymétriques
Sur le terrain, l’escalade se poursuit. Le Pentagone a annoncé l’envoi de plusieurs milliers de soldats supplémentaires, ainsi que des systèmes de défense aérienne avancés, dans la région du Golfe, notamment au Qatar et à Bahreïn. Cette mesure vise à protéger les intérêts américains et les alliés face à la menace croissante des drones et missiles iraniens. Parallèlement, l’Iran a directement frappé un pétrolier koweïtien, le MT Sunny, alors qu’il accostait à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, le 12 octobre. L’incident, confirmé par les autorités maritimes de Koweït, a causé des dégâts mineurs mais illustre la volonté de Téhéran de perturber la stabilité économique régionale.
L’escalade s’étend également au conflit au Yémen. Les Houthis, mouvement chiite yéménite soutenu par l’Iran, ont revendiqué, le 13 octobre, le lancement d’un missile balistique et de plusieurs drones contre des cibles en Israël. Il s’agit de leur première attaque directe contre le territoire israélien depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Cette frappe, interceptée en partie par le système de défense israélien, marque une extension significative du théâtre d’opérations. Dans un communiqué, les Houthis ont lié cette attaque au soutien d’Israël à la « résistance » au Moyen-Orient, une rhétorique alignée sur celle de Téhéran.
