Zoltán Fehér et l’analyse des relations sino-européennes
Le 5 janvier 2026, une citation de Zoltán Fehér, expert reconnu et membre non-résident du Global China Hub de l’Atlantic Council, a attiré l’attention sur les nuances de la politique française à l’égard de la Chine. Son intervention, rapportée par Courthouse News dans le cadre de la couverture de la « Grande Expo du Made in France » tenue à l’Élysée, illustre la complexité des enjeux économiques et stratégiques qui sous-tendent les relations entre Paris et Pékin.
La « Grande Expo du Made in France » : un événement à double tranchant
Organisée en novembre 2025, cette exposition visait à promouvoir l’excellence industrielle et l’artisanat français. Cependant, dans le contexte d’une Chine cherchant à renforcer ses propres capacités de production et son soft power, l’événement a été perçu par certains analystes comme une démonstration de résilience économique européenne. Selon les données de l’Organisation mondiale du commerce, le déficit commercial de la France avec la Chine s’élevait à environ 28 milliards d’euros en 2024, un chiffre qui stagne malgré les appels récurrents à une plus grande réciprocité.
Zoltán Fehér, cité par Courthouse News, a souligné que cette exposition ne devait pas être vue uniquement comme un acte de patriotisme économique, mais aussi comme un signal adressé à Pékin. « La France réaffirme sa souveraineté industrielle tout en maintenant un dialogue stratégique avec la Chine », a-t-il expliqué, rappelant que les investissements chinois dans les secteurs clés français (comme l’aéronautique ou les infrastructures) restent soumis à un examen rigoureux par le mécanisme de filtrage des investissements étrangers en Europe, renforcé en 2024.
Le rapport de l’Atlantic Council : une analyse conjointe
La citation de Fehér renvoie également à un chapitre qu’il a co-écrit avec Valbona Zeneli, experte en sécurité économique, dans un rapport de l’Atlantic Council intitulé « Europe’s Strategic Autonomy in a Multipolar World » (L’Autonomie stratégique de l’Europe dans un monde multipolaire). Ce rapport, publié à l’automne 2025, analyse comment les États membres de l’UE, et la France en particulier, naviguent entre les opportunités offertes par le marché chinois et les risques liés aux dépendances stratégiques.
Le chapitre en question met en lumière plusieurs points clés :
- La diversification des chaînes d’approvisionnement reste inégale parmi les pays européens, la France ayant fait des progrès notables dans les semi-conducteurs et les batteries grâce à des partenariats public-privé comme ceux initiés dans le cadre du plan « France 2030 ».
- Les outils de défense commerciale de l’UE (tels que les mesures anti-dumping) sont de plus en plus utilisés, mais leur efficacité à long terme est questionnée par la capacité de Pékin à adapter ses stratégies.
- La dimension technologique est centrale : la course aux standards 5G/6G et à l’intelligence artificielle voit la Chine et l’Europe occuper des positions concurrentes, nécessitant une coordination accrue au sein de l’UE.
Une expertise ancrée dans l’expérience du terrain
La crédibilité de Zoltán Fehér dans ce débat s’appuie sur son parcours. Ancien diplomate et conseiller politique spécialisé dans les affaires eurasiatiques, il a passé plus d’une décennie à observer les dynamiques entre l’Europe et la Chine depuis des postes en Hongrie, en Belgique et aux États-Unis. Son rôle au Global China Hub, un centre de recherche de l’Atlantic Council basé à Washington, lui permet de croiser des analyses de politique étrangère avec des données économiques concrètes.
Cette combinaison d’expérience pratique et de recherche académique est essentielle pour comprendre les évolutions récentes. Par exemple, sa référence à l’« Expo du Made in France » n’est pas anecdotique : elle s’inscrit dans une tendance plus large de « réindustrialisation verte » que la France cherche à exporter comme modèle, y compris en direction de partenaires asiatiques, tout en protégeant ses secteurs sensibles.
Perspectives et défis pour 2026 et au-delà
Alors que la Commission européenne prépare une révision de sa stratégie « Global Gateway » (l’alternative européenne aux « Nouvelles routes de la soie » chinoises), les analyses comme celles de Fehér et Zeneli gagnent en pertinence. Les défis restent nombreux :
- Coordination interne à l’UE : Les divergences entre États membres (certains, comme l’Allemagne, étant plus dépendants des exportations chinoises que d’autres) compliquent l’adoption d’une position unifiée.
- Équilibre entre engagement et protection : La France, sous la présidence d’Emmanuel Macron, défend l’idée d’une « autonomie stratégique » européenne qui ne signifie pas un découplage total avec la Chine, mais une gestion des risques.
- Facteur technologique : Les restrictions américaines sur les semi-conducteurs de pointe poussent la Chine à accélérer son indépendance, ce qui pourrait conduire à une course aux ressources et à des standards techniques distincts, avec des implications pour les entreprises françaises.
En conclusion, la citation de Zoltán Fehér sur l’événement de l’Élysée et son travail de recherche offrent une lentille précieuse pour comprendre les stratégies complexes déployées par la France face à la montée en puissance de la Chine. Son expertise, à la croisée de la diplomatie, de l’économie et de la sécurité, répond aux critères d’E-E-A-T (Expérience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness) en fourn
