Dans un mouvement qui marque un nouveau remaniement au sommet de l’administration Trump, la procureure générale Pam Bondi quittera ses fonctions pour rejoindre le secteur privé. Cette annonce, faite par le président Donald Trump sur son réseau social Truth Social le 5 juin 2025, intervient après une année de gestion très contestée du ministère de la Justice (DOJ), particulièrement concernant la publication des dossiers liés à Jeffrey Epstein.
« Pam Bondi est une grande patriote américaine et une amie fidèle, qui a fidèlement servi comme procureur général au cours de l’année écoulée », a écrit Trump, ajoutant que « les meurtres [avaient] tombé à leur plus bas niveau depuis 1900 » sous sa supervision. Il a however précisé qu’elle « va faire la transition vers un nouvel emploi important et indispensable dans le secteur privé ». Le président a indiqué que Lee Zeldin, administrateur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), était son choix pour la remplacer de manière permanente. Le sous-procureur général Todd Blanche assurerait l’intérim.
Un départ aux multiples facettes
Le départ de Pam Bondi s’inscrit dans une série de changements au cabinet de Trump lors de son deuxième mandat. Quelques semaines plus tôt, Kristi Noem avait été licenciée de son poste de secrétaire à la Sécurité intérieure après des incidents mortels liés à des opérations d’immigration. Une source proche de la Maison Blanche citée par MS NOW résumait l’humeur présidentielle : « Le sable de son sablier est sur le point de s’épuiser », signifiant que des discussions internes sur son limogeage étaient avancées.
Bondi elle-même a confirmé la transition sur X (anciennement Twitter), déclarant : « Au cours du mois prochain, je travaillerai sans relâche pour transférer le poste de procureur général à l’incroyable Todd Blanche avant de passer à un rôle important dans le secteur privé qui me passionne et où je continuerai à me battre pour le président Trump et cette administration. »
Le contexte politique derrière le licenciement
Si les félicitations de certains élus républicains, comme la représentante Nancy Mace (Caroline du Sud), accompagnent l’annonce – elle se félicite d’un possible remplacement par Zeldin –, d’autres voix du même parti ont été critiques. Le représentant Thomas Massie (Kentucky), dont la loi exigeant la publication de tous les dossiers Epstein a été adoptée fin 2025, a publiquement soutenu le licenciement. « J’espère que le prochain procureur général publiera tous les dossiers Epstein conformément à la loi et mènera des enquêtes, des poursuites et des arrestations », a-t-il écrit.
Cette pression bipartisan sur la gestion des dossiers Epstein a été un facteur déterminant. Bondi avait initialement promis une publication massive après le retour de Trump à la Maison Blanche en 2024, avant de faire marche arrière. Une opération de communication visant à impressionner des influenceurs pro-Trump avec des classeurs s’est révélée être un échec, les documents n’étant que des informations déjà publiques.
La controverse Epstein : Promesses non tenues et assignation du Congrès
Le Congrès a réagi en adoptant à une écrasante majorité la loi de Thomas Massie, exigeant la publication intégrale des dossiers Epstein du DOJ avant le 19 décembre 2025. Trump a signé cette loi à contrecœur après s’y être opposé pendant des mois. Si le DOJ a publié des documents à cette date, des millions d’autres ont été retenus pendant des semaines supplémentaires, et de nombreux fichiers ont été caviardés.
Cette gestion a conduit le comité de surveillance de la Chambre des représentants à assigner Pam Bondi à comparaître pour une déposition sous serment le 14 avril 2026. Le représentant démocrate Robert Garcia (Californie) a réagi immédiatement à l’annonce du licenciement : « Pam Bondi et Donald Trump pourraient penser que son licenciement l’empêche de témoigner. Ils ont tort – et nous attendons avec impatience de l’entendre sous serment. »
Un ministère politisé ? Les affaires Comey et James
L’ère Bondi au DOJ a également été marquée par deux tentatives de poursuites pénales très médiatisées contre des opposants politiques de Trump : l’ancien directeur du FBI James Comey et la procureure générale de New York, Letitia James. Ces inculpations, pour fausse déclaration et obstruction dans le cas de Comey, et pour fraude bancaire dans le cas de James, ont été abandonnées en novembre 2025.
Un juge fédéral a rejeté les actes d’accusation au motif que la procureure fédérale par intérim qui les avait obtenus, Lindsey Halligan, avait été nommée de manière invalide. Cette décision s’inscrivait dans une série de rulings contestant la légalité de nominations clés de procureurs sous la deuxième administration Trump. Le leader de la majorité à la Chambre, H
