mercredi, juin 17, 2026
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Stilta lève 10,5 millions de dollars auprès d’a16z et de YC pour aider les entreprises à redécouvrir les brevets qu’elles avaient oublié

Oskar Block : du jeune entrepreneur à la tête de Stilta, l’IA au service de la propriété intellectuelle

Oskar Block n’a jamais pu rester longtemps à l’écart de l’entrepreneuriat. À seulement 18 ans, il lance sa première startup, spécialisée dans la création de modèles d’apprentissage automatique pour les paris sportifs. Dans une interview accordée à TechCrunch, il explique : « J’ai toujours été attiré par la résolution de problèmes de données difficiles ». Cette première expérience le conduit ensuite vers le conseil, où il aide des entreprises à définir leurs stratégies d’intelligence artificielle et découvre les obstacles auxquels se heurtent les grandes organisations lorsqu’elles adoptent de nouvelles technologies.

Le parcours entrepreneurial d’Oskar Block

Après plusieurs années de consulting, Block rejoint une société de camionnage autonome. C’est là qu’il constate à quel point le processus de brevet reste largement manuel et lent. Lors d’un dîner avec un ami et collègue, Tobias Estreen, le père de ce dernier, qui travaille comme conseil en brevets, décrit son quotidien : il lit pratiquement les mêmes documents, de la même façon, depuis trente ans. Cette observation révèle une opportunité d’automatisation qui séduit Block et Estreen.

La genèse de Stilta

Convaincus qu’une intelligence artificielle pourrait alléger le travail de recherche et d’analyse derrière les affaires de propriété intellectuelle, Block et Estreen s’associent à deux autres entrepreneurs, Petrus Werner et Oscar Adamsson. Ensemble, ils fondent Stilta, une plateforme d’IA destinée à automatiser les tâches répétitives et coûteuses liées à la recherche de brevets, à l’analyse de leur historique judiciaire et à l’identification de potentielles conflits.

Le mardi suivant leur lancement, Stilta annonce un tour de table de 10,5 millions de dollars, mené par la firme de capital‑risque Andreessen Horowitz. Le round bénéficie également du soutien de Y Combinator et de plusieurs opérateurs issus du secteur de l’IA, notamment des représentants d’OpenAI, de Legora et de Lovable.

Comment fonctionne la plateforme

Selon Oskar Block, PDG de Stilta, le logiciel agit comme une équipe d’avocats virtuels. L’utilisateur saisit un numéro de brevet ainsi que tout document pertinent ; ensuite, un réseau d’agents d’IA travaille en parallèle :

  • recherche d’autres brevets susceptibles d’entrer en conflit avec la revendication ;
  • détection de propriétés similaires pouvant s’appliquer ;
  • extraction du dépôt et de l’historique judiciaire du brevet.

Block précise que ces agents « raisonnent en parallèle et convergent comme le ferait une salle remplie de spécialistes, mais à une échelle qu’aucune équipe humaine ne peut égaler ». L’avocat ou le professionnel demeure aux commandes, guidant l’analyse sans jamais perdre le contrôle. Le résultat livré est un rapport de qualité contentieuse, comprenant des tableaux de réclamations avec des citations précises de chaque élément de preuve.

Impact potentiel sur le secteur juridique

Stilta évolue dans un écosystème où d’autres acteurs, tels que Solve Intelligence et DeepIP, proposent également des solutions d’IA pour le droit de la propriété intellectuelle. Selon Block, certaines branches du secteur juridique bénéficient déjà d’accélérations grâce à l’IA, tandis que d’autres resteront dépendantes de l’intervention humaine pour la prise de décision finale.

Il souligne également que de nombreuses entreprises possèdent des brevets qu’elles n’ont « jamais appliqués, jamais concédés sous licence, ni même analysés correctement parce que le coût de cette démarche était prohibitif ». En réduisant le coût et la durée du processus de recherche, Stilta pourrait rendre ces portefeuilles de brevets plus accessibles, permettant aux sociétés de mieux exploiter la valeur latente de leur propriété intellectuelle.

Une vision pour l’avenir

Lorsqu’on lui demande si le système juridique est prêt pour l’IA, Block répond : « La question n’est pas vraiment de savoir si le système juridique est préparé à l’IA, mais de savoir si les entreprises sont préparées à ce qui deviendra possible lorsque le goulot d’étranglement analytique aura disparu. » Cette perspective place l’accent sur la préparation organisationnelle plutôt que sur la simple adoption technologique.

Conclusion

Le parcours d’Oskar Block, de son premier projet de paris sportifs à la direction de Stilta, illustre comment une expérience précoce dans la résolution de problèmes de données peut mener à des innovations significatives dans des domaines traditionnellement lourds, comme la propriété intellectuelle. Grâce à un tour de table soutenu par des investisseurs de renom et à une technologie qui prétend reproduire le raisonnement d’une équipe d’experts à grande échelle, Stilta se positionne comme un acteur potentiellement transformateur du paysage juridique. Pour les lecteurs intéressés par l’intersection entre l’IA et le droit, suivre l’évolution de cette startup offre un aperçu concret de la manière dont l’automatisation peut réduire les coûts, accélérer les analyses et, finalement, révéler la valeur cachée des portefeuilles de brevets.

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