samedi, avril 11, 2026
AfriqueLes zones économiques spéciales du Zimbabwe attirent les investisseurs audacieux

Les zones économiques spéciales du Zimbabwe attirent les investisseurs audacieux





Le Zimbabwe mise sur ses Zones Économiques Spéciales pour accélérer son industrialisation


Face à la nécessité de relancer son économie et de diversifier son tissu industriel, le Zimbabwe a fait des Zones Économiques Spéciales (ZES) le pilier central de sa stratégie de développement. Le gouvernement affiche une ambition claire : transformer ces zones en catalyseurs de la croissance et de l’industrialisation à l’échelle nationale. Une approche qui semble déjà porter ses fruits, avec plus de 1,4 milliard de dollars de nouveaux investissements enregistrés en 2025, selon les déclarations du ministre des Finances, du Développement économique et de la Promotion des investissements, Mthuli Ncube. « Nous sommes désormais ouverts aux affaires », résume-t-on du côté des autorités, qui voient dans les ZES l’avenir du pays.

De l’échec des Zones Franches d’Exportation à la promesse des ZES

La politique actuelle des ZES représente une évolution significative par rapport au précédent dispositif des Zones Franches d’Exportation (ZFE), en vigueur jusqu’en 2007. Bien que les ZFE aient offert des incitations attractives – comme un impôt sur les sociétés à taux zéro pendant cinq ans et une exonération totale des droits de douane sur les intrants – elles n’ont pas réussi à générer la croissance industrielle escomptée, en partie à cause d’une approche trop sectorielle et rigide.

« Au Zimbabwe, nous sommes plus enclins à l’approche multisectorielle des zones économiques spéciales qu’aux opérations à entité unique avec une tendance aux zones franches d’exportation », explique M. Ncube. Cette nouvelle logique vise à créer des écosystèmes intégrés où plusieurs acteurs de la chaîne de valeur peuvent coexister, favorisant ainsi les synergies et l’émergence de pôles industriels complets.

Un cadre incitatif conçu pour rassurer les investisseurs

La loi de 2007 sur l’Autorité d’Investissement du Zimbabwe a formalisé le cadre des ZES, placées sous la gestion de l’Agence de Développement des Investissements du Zimbabwe (ZIDA). Les frais de dossier sont modiques (500 $) et le coût d’approbation s’élève à 4 500 $, ce qui en fait un point d’entrée relativement accessible.

Le régime d’incitations est conçu pour minimiser les coûts opérationnels et simplifier la réglementation. Les avantages clés, détaillés dans un rapport de Centuria Capital, une société d’investissement locale de premier plan, incluent :

  • Une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant les cinq premières années d’activité.
  • Une réduction de 100 % des droits d’importation sur les équipements, machines et matières premières non disponibles localement (une condition cruciale pour protéger l’industrie naissante).
  • La possibilité pour les investisseurs étrangers de rapatrier 100 % de leurs bénéfices, dividendes et produit de la cession de leur investissement.
  • L’autorisation d’ouvrir et d’opérer des comptes en devises étrangères (FCA).
  • Une exonération de la retenue à la source sur les redevances pour les services non disponibles localement.
  • Aucune restriction sur le montant de devises étrangères pouvant être importé dans le pays.

Raj Modi, vice-ministre de l’Industrie et du Commerce, insiste sur la philosophie du dispositif : « Nous n’accordons pas de réduction des droits d’importation aux produits disponibles localement… la logique est de promouvoir l’investissement sans nécessairement minimiser l’industrie locale. » Cette distinction vise à éviter de créer une concurrence déloyale pour les producteurs nationaux en dehors des zones.

Un traitement spécial pour les services financiers

Contrairement à de nombreuses juridictions qui restreignent l’accès aux zones spéciales pour les secteurs réglementés comme la finance, le Zimbabwe offre un cadre favorable. Le rapport de Centuria souligne que les investisseurs agréés dans le secteur financier au sein d’une ZES bénéficient d’une sécurité renforcée, notamment par le rapatriement intégral des dividendes et du produit de la cession. Cette ouverture contraste avec l’approche de pays comme Maurice, où les entités nécessitant une licence de la Commission des Services Financiers sont exclues du statut de ZES.

Carte des Zones Économiques Spéciales en activité

Le Zimbabwe a déjà désigné plusieurs sites à travers le territoire, chacun avec une spécialisation sectorielle définie, comme l’explique Wilfred Motsi, chef technique de l’Autorité des Zones Économiques Spéciales (Zimseza) :

  • Centre Industriel de Bulawayo (Bulawayo) : Ciblant le cuir, le textile, les produits pharmaceutiques, la sidérurgie et l’ingénierie. Incitations : réduction de 100 % des droits de douane sur les matières premières, équipements et machines importés.
  • Parc Industriel Sunway City (Harare) : Zone de 1 090 hectares dédiée aux investissements technologiques et manufacturiers.
  • ZES des Chutes Victoria (Masuwe) : Conçue pour le tourisme, l’hôtellerie et les services financiers.
  • ZES de Beitbridge & Fern Hill (région de Mutare) : En plein essor avec la construction d’un aéroport international. Elle se concentre sur le traitement minier (charbon, or, diamant) et la transformation agricole (agrumes).
  • ZES d’Umvumela (Bulawayo, 186 hectares) : Zone industrielle et d’investissement généraliste.
  • ZES de Belmont/Donnington/Kelvin (Bulawayo, 3 000 hectares) : Vaste zone vouée à la transformation du cuir et de la viande, aux textiles, aux mines, au matériel agricole et aux produits pharmaceutiques.

Impact mesurable : le secteur manufacturier

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