samedi, avril 11, 2026
États-UnisLes victimes d'Epstein recevront 72,5 millions de dollars du règlement de Bank of America

Les victimes d’Epstein recevront 72,5 millions de dollars du règlement de Bank of America

Bank of America acceptede un règlement de 72,5 millions de dollars dans l’affaire Epstein

Bank of America a accepté de verser 72,5 millions de dollars pour mettre fin à un recours collectif alléguant que la banque avait facilité les activités de trafic sexuel de Jeffrey Epstein. Cet accord, déposé le vendredi 10 octobre 2025 devant le tribunal fédéral de New York, marque une nouvelle étape dans les poursuites judiciaires visant les institutions financières qui ont eu Epstein comme client.

Le règlement, qui doit encore être approuvé par le juge Jed Rakoff du tribunal de district américain de Manhattan, prévoit une indemnisation pour les victimes. Conformément au document déposé, les fonds seront destinés à « toutes les femmes qui ont été abusées sexuellement ou victimes de trafic par Jeffrey Epstein, ou par toute personne liée ou autrement associée à Jeffrey Epstein ou à toute entreprise de trafic sexuel de Jeffrey Epstein, entre le 30 juin 2008 et le 6 juillet 2019 inclus ».

Les avocats représentant les plaignantes estiment qu’« au moins 60 femmes » ont été victimes d’Epstein sur cette période. Bank of America n’a pas reconnu de responsabilité dans cet accord, affirmant maintenir ses déclarations antérieures selon lesquelles elle n’a pas facilité les crimes d’Epstein. Un porte-parole a déclaré que cet accord « permet de mettre cette affaire derrière nous ».

Un quatrième règlement bancaire majeur

Ce règlement est le quatrième du genre impliquant une grande banque dans des affaires liées à Epstein. Il fait suite à des accords similaires conclus par :

  • Deutsche Bank : La banque a réglé pour 75 millions de dollars en 2022, reconnaissant des « erreurs » et des « faiblesses » dans sa surveillance d’Epstein.
  • JPMorgan Chase : Un règlement de 290 millions de dollars a été approuvé en 2023.
  • HSBC : La banque a accepté de payer 75 millions de dollars en 2023 pour clore une affaire similaire.

Tous ces règlements, y compris celui de Bank of America, ont été déposés devant le tribunal fédéral de Manhattan. L’approbation judiciaire est généralement accordée dans ce type de règlements collectifs.

Les allégations au cœur du procès

La plainte principale, portée par une plaignante sous le pseudonyme de Jane Doe, détaille des années d’abus. Originaire de Russie, elle affirme avoir rencontré Epstein en 2011 et avoir été abusée « à au moins 100 reprises » jusqu’en 2019, incluant des viols et des actes forcés avec d’autres femmes.

Le dossier accuse Bank of America d’avoir fourni des services bancaires essentiels à l’« entreprise de trafic sexuel » d’Epstein. Selon la plainte, en mai 2013, Jane Doe a ouvert un compte à la Bank of America sous la direction du comptable d’Epstein, Richard Kahn, et d’un avocat en immigration, dans le cadre d’un plan de fraude à l’immigration.

Les avocats ont également souligné les liens financiers d’Epstein avec d’autres figures puissantes. La plainte mentionne que le financier Leon Black a payé environ 170 millions de dollars à Epstein pour des « conseils en planification fiscale et successorale » via son compte Bank of America. Black a réglé à son tour pour 62,5 millions de dollars avec les îles Vierges américaines en 2023.

L’argument juridique central est que la banque a aidé Epstein à « éviter l’examen minutieux des régulateurs » et a facilité des transferts et retraits, permettant ainsi d’« augmenter la taille et l’ampleur » de son opération de trafic et de « causer des dommages » aux victimes. Bank of America a « expressément nié » toute participation ou facilitation.

Contexte : le cas Jeffrey Epstein

Jeffrey Epstein, 66 ans, s’est suicidé dans une prison fédérale de Manhattan en août 2019, quelques semaines après son arrestation pour trafic sexuel d’enfants. Il avait précédemment plaidé coupable en 2008 en Floride pour sollicitation de mineure à des fins de prostitution et avait purgé 13 mois de prison. Son cas a déclenché une vague de poursuites civiles contre ses complices présumés et les institutions qui ont entretenu des relations d’affaires avec lui.

Les règlements successifs avec les banques établissent un précédent important : les institutions financières peuvent être tenues responsables si elles sont jugées avoir fermé les yeux sur les activités illicites de clients fortunés, même en l’absence de preuve de collusion directe avec les crimes. Ces affaires soulèvent des questions cruciales sur les obligations de vigilance des banques en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et la protection des victimes.

Sources : Dossier déposé devant le tribunal fédéral de New York (affaire n° 25-cv-XXXXX), communiqués de presse de Bank of America, rapports de Bloomberg/CNBC (11 octobre 2025), documents judiciaires relatifs aux règlements de Deutsche Bank, JPMorgan et HSBC.

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