Entre tarifs aériens en hausse et files d’attente interminables : le printemps difficile des voyageurs américains
À l’aéroport intercontinental George Bush de Houston, le 26 mars 2026, des voyageurs patientent depuis plus de trois heures aux contrôles de sécurité de la Transportation Security Administration (TSA). Cette scène, typique de nombreux hubs américains ces dernières semaines, illustre une double crise qui affecte le transport aérien : une flambée des prix du carburant qui pousse les compagnies à augmenter leurs tarifs, et une pénurie de personnel à la TSA suite à une fermeture partielle du gouvernement fédéral.
Geneviève Price, une naturopathe de 35 ans basée à San Diego, incarne ce voyageur averti qui cherche à optimiser ses dépenses. Elle utilise son statut de voyageur fréquent avec Alaska Airlines pour choisir son siège en économie de base, mais elle envisage désormais de plafonner ses budgets, par exemple à 900 dollars pour un vol vers Rome. “Je fais attention”, confie-t-elle, alors que les prix des billets bondissent.
La flambée du carburant entraîne une hausse historique des tarifs
Le prix moyen du carburant dans les principaux aéroports américains a atteint 3,98 dollars le gallon le 26 mars, soit une augmentation de près de 60% depuis l’attaque du 28 février contre l’Iran par les États-Unis et Israël. Ce conflit a perturbé les routes aériennes du Moyen-Orient, forçant les compagnies à emprunter des itinéraires plus longs et coûteux.
Les transporteurs ont immédiatement répercuté ces coûts. United Airlines, par la voix de son PDG Scott Kirby, a averti que les tarifs pourraient augmenter de 20% cette année. “Les clients semblent disposés à continuer de réserver”, a-t-il déclaré lors d’un événement à Los Angeles. Delta Air Lines, dont le PDG Ed Bastian s’est exprimé lors de la conférence de JPMorgan début mars, fait état d’une demande “restée forte”.
Les données confirment cette tendance. Un rapport de la Deutsche Bank publié le 30 mars indique que les tarifs des vols transatlantiques au départ des États-Unis ont grimpé de 26,5% en une semaine, atteignant 1 059 dollars pour un achat trois semaines à l’avance. Les routes intérieures, y compris les vols transcontinentaux et vers Hawaï, suivent la même courbe.
Comment les compagnies s’adaptent
Face à cette volatilité, les compagnies ajustent leur capacité. United prévoit de réduire de 3 points de pourcentage ses vols en heures creuses (milieu de semaine, vols de nuit) si la demande faiblit. “Nous serons agiles pour maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande”, a assuré Robert Isom, PDG d’American Airlines, lors de la même conférence. Toutes surveillancent de près l’évolution des réservations et n’hésiteront pas à supprimer des liaisons si nécessaire.
