samedi, avril 11, 2026
EuropeLes commerces de détail mettent en garde contre une hausse des prix si la guerre en Iran se prolonge pendant des mois

Les commerces de détail mettent en garde contre une hausse des prix si la guerre en Iran se prolonge pendant des mois

Les détaillants alertent sur l’impact économique d’une guerre prolongée au Moyen-Orient

Alors que les images de conteneurs maritimes empilés dans le port de Los Angeles/Long Beach rappellent les fragilités des chaînes d’approvisionnement mondiales, les entreprises de vente au détail européennes tirent la sonnette d’alarme. Selon des rapports financiers et des déclarations récentes, notamment une analyse de Reuters datée du 10 mars 2026, l’escalade du conflit au Moyen-Orient génère déjà des pressions sur les coûts et pourrait, si elle se prolonge, se traduire par une hausse des prix pour le consommateur final.

Next : une exposition directe et des coûts tangibles

Le détaillant britannique Next, dont environ 6 % du chiffre d’affaires provient de la région du Moyen-Orient, a été l’un des premiers à quantifier l’impact. L’entreprise a identifié 15 millions de livres sterling (environ 20 millions de dollars) de coûts supplémentaires potentiels liés à la perturbation, tels que le carburant et le fret aérien, en supposant une crise de trois mois. “Au-delà des trois prochains mois, si nous constatons que ces coûts persistent, alors nous commencerons à les répercuter sous forme de prix plus élevés”, a déclaré le groupe dans ses résultats annuels clos en janvier.

Pour l’instant, Next a compensé ces hausses par des économies internes, ce qui lui a permis de réviser ses prévisions de bénéfice à la hausse (+8 millions de livres à 1,21 milliard). Son action a d’ailleurs clôturé en hausse de 4,2 %, les analystes de Jefferies y voyant “un signe rassurant de la vigueur des échanges au Royaume-Uni et de sa capacité à répercuter les coûts”.

H&M : une exposition limitée mais une vigilance accrue

Le géant suédois H&M, moins exposé avec seulement environ 3 % de ses magasins dans la région et une chaîne d’approvisionnement peu dépendante du fret aérien, tempère l’urgence. “L’instabilité géopolitique actuelle au Moyen-Orient pourrait, si elle se prolonge, entraîner une légère pression supplémentaire sur les coûts”, a-t-il indiqué. Son PDG, Daniel Ervér, a souligné lors d’une conférence téléphonique que le consommateur mondial subissait déjà “une forte pression inflationniste depuis une longue période”.

Toutefois, H&M anticipe un “impact significatif” sur le comportement des consommateurs en cas de conflit durable, sans préciser d’échéance. L’entreprise mise sur l’investissement dans la qualité, les achats de saison et des prix compétitifs pour préserver sa clientèle. Ses actions ont reculé d’environ 2 % jeudi, reflétant les craintes du marché.

Un double risque pour le secteur : inflation et demande

Les analystes convergent pour identifier deux risques majeurs d’une guerre prolongée dans le Golfe :

  • Une accélération inflationniste via la flambée des prix de l’énergie (pétrole, gaz), comme observé depuis les premières frappes du 28 février et la fermeture effective du détroit d’Ormuz. Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne, a d’ailleurs identifié les “prévisions de hausse des prix des entreprises et les salaires” comme des indicateurs clés à surveiller.
  • Une dégradation de la demande alors que le pouvoir d’achat des ménages est déjà érodé par le coût de la vie, réduisant les dépenses en articles discrétionnaires (habillement, décoration, etc.).

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