Antonio Filosa réagit aux nouvelles normes américaines d’économie de carburant
Le 3 décembre 2025, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, a assisté à l’annonce du président Donald Trump concernant de nouvelles réglementations sur l’efficacité énergétique des véhicules. La scène, capturée par le photographe Brian Snyder de Reuters, montre le dirigeant italien écoutant attentivement tandis que le président détaillait les objectifs de réduction de la consommation de carburant pour les constructeurs automobiles opérant aux États-Unis.
Filosa a déclaré que ces normes renforcent la nécessité pour Stellantis d’adapter rapidement son portefeuille de produits, tout en explorant de nouvelles voies de croissance hors du marché américain, où il juge l’espace de production déjà saturé.
Stellantis envisage un élargissement de sa production en Amérique du Nord avec Leapmotor
Lors d’une conférence de presse suivant une journée d’investisseurs au siège nord‑américain de l’entreprise, près de Détroit, Antonio Filosa a affirmé que le groupe voyait « à coup sûr » une opportunité d’étendre sa collaboration avec le constructeur chinois Zhejiang Leapmotor Technology Co. au Mexique, et potentiellement au Canada.
« Je crois qu’il y a de l’espace au Mexique… Il y a peut‑être de l’espace au Canada. Nous verrons. Maintenant, il n’y a plus d’espace aux États-Unis. Nous ne le voyons pas. »
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où les constructeurs traditionnels, profondément ancrés en Amérique du Nord, surveillent avec prudence l’arrivée de marques chinoises sur le continent, craignant que ces implantations ne servent de porte d’entrée vers les consommateurs américains.
Contexte commercial canadien et capacités industrielles inutilisées
Le Canada autorise actuellement l’importation annuelle de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine pour la vente au détail, soumis à un tarif douanier de 6,1 %. Cette mesure, destinée à répondre à la demande croissante de mobilité zéro émission, laisse toutefois plusieurs usines locales sous‑utilisées.
Un exemple notable est l’usine d’assemblage de Stellantis à Brampton, en Ontario, située dans la banlieue de Toronto. Depuis l’arrêt de la production des Dodge Charger et Challenger en décembre 2023, le site reste inactif, représentant une capacité potentielle pour accueillir de nouveaux modèles électriques issus d’un partenariat avec Leapmotor.
Selon un rapport de Bloomberg News publié le mois dernier, Stellantis examinerait sérieusement la possibilité de construire des véhicules électriques au Canada en coopération avec Leapmotor, s’appuyant sur des sources proches du dossier.
Partenariats existants et perspectives futures
Depuis 2023, Stellantis détient une participation majoritaire de 51 % dans une coentreprise avec Leapmotor qui comprend les droits exclusifs de vente et de fabrication de leurs produits en dehors de la Grande Chine. Parallèlement, le groupe italien possède 21 % du capital de Leapmotor, faisant de lui le plus grand actionnaire du constructeur chinois.
Plus tôt cette semaine, Stellantis a annoncé un élargissement de son partenariat avec Leapmotor ainsi que la création d’une coentreprise européenne avec le constructeur chinois Dongfeng. Aux États‑Unis, Filosa a également indiqué que l’entreprise restait ouverte à des collaborations avec des marques non chinoises, citant l’exploration récente d’un possible accord avec Jaguar Land Rover.
« Nous voyons un potentiel de partenariat avec JLR, c’est un partenariat qui peut très bien fonctionner pour les deux parties car vous voyez que le profil de ce que nous avons industrialisé, construit n’est pas si différent… il y a donc une certaine synergie dans la conception du produit que nous pouvons partager avec JLR. »
Ces initiatives témoignent de la stratégie de Stellantis visant à diversifier ses sources de production, à partager les dépenses en capital et à tirer parti de l’expertise technologique de ses partenaires tout en répondant aux évolutions réglementaires du marché nord‑américain.
