La Banque d’Angleterre maintient ses taux directeurs à 3,75% face aux tensions géopolitiques
Par Doloresz Katanich avec AP | Publié le 19/03/2026 – 14:30 GMT+1 | Mis à jour à 15:49
Dans un contexte de forte incertitude économique mondiale, la Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé jeudi le maintien de son taux d’intérêt principal à 3,75 %. Cette décision, largement anticipée par les marchés, intervient alors que le conflit au Moyen-Orient, déclenché fin février, perturbe les flux pétroliers et fait peser de nouvelles pressions inflationnistes sur l’économie britannique.
Un conflit géopolitique qui rebat les cartes économiques
Le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, a justifié cette décision en soulignant la nécessité d’« évaluer l’évolution des événements ». « Quoi qu’il arrive, notre travail consiste à faire en sorte que l’inflation revienne à son objectif de 2 % », a-t-il rappelé.
Avant l’éclatement du conflit en Iran, les projections tablaient sur une décélération progressive de l’inflation au Royaume-Uni, avec un retour proche de la cible des 2 % dans les mois à venir. Cependant, la fermeture du détroit d’Ormuz – par lequel transite environ un cinquième du pétrole brut mondial – a fait flamber les prix de l’énergie. Cette situation a immédiatement impacté les prix à la pompe et menace de se répercuter sur les factures énergétiques des ménages britanniques plus tard dans l’année.
Des marchés financiers anticipent un resserrement monétaire durable
Cette nouvelle donne conduit les banquiers centraux à réviser leurs prévisions pour 2026, tant sur le front de l’inflation que de la croissance. La Réserve fédérale américaine (Fed) a elle aussi choisi de maintenir ses taux directeurs mercredi, tout en mettant en garde contre des perspectives « de plus en plus incertaines ».
Pour le Royaume-Uni, cela signifie probablement que le retour à l’objectif de 2 % d’inflation sera plus lent et plus chaotique qu’escompté. Dans ce scénario, une nouvelle baisse des taux d’intérêt à court terme semble exclue. À l’inverse, les marchés financiers intègrent désormais la possibilité d’une hausse des taux cette année.
Conséquences d’un taux directeur maintenu à un niveau élevé
Maintenir des taux d’intérêt à un niveau élevé, comme c’est le cas à 3,75 %, est un outil classique pour lutter contre l’inflation. Voici comment cela agit sur l’économie :
- Ralentissement de l’activité économique : Le coût du crédit augmente pour les entreprises (investissements) et les ménages (crédits à la consommation, hypothécaires), ce qui freine les dépenses et la demande.
- Contenir les pressions sur les prix : En réduisant la demande globale, cette mesure vise à éviter une spirale inflationniste où les hausses de prix s’auto-entretiennent par des augmentations de salaires, par exemple.
- Risque de freinage trop fort : La politique monétaire restrictive comporte le risque de ralentir excessivement la croissance, voire de provoquer une récession si elle est maintenue trop longtemps.
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Lindsay James, stratège en
