lundi, juin 1, 2026
Start-ups« Je n'avais jamais entendu parler du détroit d'Ormuz auparavant » : comment un PDG de fournitures médicales fait face au choc des prix du pétrole

« Je n’avais jamais entendu parler du détroit d’Ormuz auparavant » : comment un PDG de fournitures médicales fait face au choc des prix du pétrole

Comment le détroit d’Ormuz influence les activités de Gentell

Il y a quelques mois, le détroit d’Ormuz – cette étroite voie maritime située entre le Golfe persique et le golfe d’Oman – était pratiquement inconnu de David Navazio, fondateur et PDG de Gentell, société américaine de fournitures médicales basée à Yardley, en Pennsylvanie. Aujourd’hui, ce chokepoint stratégique, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), a un effet mesurable sur les coûts de production et de distribution de l’entreprise.

Augmentation des prix des matières premières pétrochimiques

Gentell fabrique notamment des pansements médicaux à partir de dérivés du pétrole et du gaz, tels que les polymères utilisés pour les adhésifs et les films barrières. Depuis la montée des tensions géopolitiques autour du détroit, plusieurs de ces matières premières ont vu leurs prix grimper de 15 % à 30 % selon les indices du Chemical Week (2024). Cette hausse s’explique par la réduction de l’offre de brut disponible pour le raffinage, qui se répercute directement sur les coûts des intermédiaires pétrochimiques.

Impact sur la logistique mondiale

Avec une présence commerciale sur cinq continents, Gentell doit acheminer ses produits finis vers des marchés aussi divers que la Nouvelle‑Zélande, l’Europe ou l’Amérique du Nord. Le coût d’expédition d’un conteneur de la Nouvelle‑Zélande vers la Californie est passé d’environ 2 000 $ avant la crise à près de 4 500 $** aujourd’hui, selon les données de la World Shipping Council (2024). Cette augmentation provient principalement des surcharges liées aux détours obligatoires autour de la péninsule arabique et des primes d’assurance maritime plus élevées.

Décisions tarifaires face à la volatilité

Les entreprises confrontées à une hausse des coûts doivent choisir entre répercuter l’augmentation sur le consommateur ou absorber la perte au détriment de leurs marges. Kevin Quilty, directeur de l’exploitation de Gentell, décrit la situation actuelle comme « un petit resserrement des marges ». Tant que les principaux contrats – notamment ceux avec le programme Medicare américain, qui représentent près de 5 000 maisons de retraite – restent fixés sur une base annuelle, la société ne peut pas immédiatement répercuter la totalité de la hausse des coûts. Navazio précise toutefois que, si la crise se prolonge, « nous allons augmenter le prix ».

Leçons tirées de la pandémie de Covid‑19

Selon Quilty, la pandémie a indirectement préparé Gentell à gérer ce nouveau choc. La crise sanitaire a obligé l’entreprise à renforcer la visibilité de ses chaînes d’approvisionnement, à négocier des engagements plus fermes avec ses fournisseurs et à mettre en place des stocks de sécurité. Ces pratiques, initialement mises en place pour faire face aux ruptures de livraison liées au Covid‑19, servent aujourd’hui à atténuer l’impact des perturbations du détroit d’Ormuz.

Perspectives et dépendance aux développements géopolitiques

Les analystes s’accordent à dire que la réouverture complète du détroit d’Ormuz ne permettra pas un retour immédiat aux niveaux d’avant‑guerre. Selon le International Energy Agency (IEA), il pourrait falloir plusieurs mois pour que le trafic maritime retrouve son rythme habituel, le temps que les assureurs réévaluent les risques et que les compagnies de navigation ajustent leurs horaires.

En attendant, Gentell surveille de près les négociations diplomatiques menées par l’administration américaine visant à réduire les tensions avec l’Iran. Tant que l’incertitude persiste, l’entreprise maintient une stratégie de flexibilité tarifaire tout en cherchant à optimiser ses processus internes pour préserver sa compétitivité.

  • Produits courants dérivés du pétrole et du gaz : aspirine, claviers, parfums, lentilles de contact, capsules de vitamines, etc.
  • Part du trafic pétrolier mondial transitant par le détroit d’Ormuz : ≈ 20 % (EIA, 2023).
  • Prix moyen national de l’essence aux États‑Unis (avril 2024) : > 4,50 $ / gallon, niveau le plus élevé depuis près de quatre ans (AAA).
  • Augmentation observée des coûts de certaines matières premières pétrochimiques : 15 %‑30 % (Chemical Week, 2024).
  • Coût d’expédition d’un conteneur Nouvelle‑Zélande → Californie : de ~2 000 $ à ~4 500 $ (World Shipping Council, 2024).

Découvrez nos autres contenus

Articles connexes