La crise du détroit d’Ormuz accélère la transition énergétique mondiale
L’interruption des exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz, artère stratégique transportant environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, a plongé les marchés énergétiques dans une tourmente inflationniste. Cet événement a mis en lumière la dépendance mondiale fragile aux routes commerciales des combustibles fossiles, touchant particulièrement l’Asie, grande importatrice d’énergie, mais aussi l’Europe et l’Afrique, confrontées à une hausse des coûts du carburant et à des risques pour la sécurité alimentaire.
Un tournant pour les énergies renouvelables
Face à ce choc, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne que la transition énergétique, déjà en forte croissance avant la crise, devrait connaître une accélération significative. « J’espère que l’une des réponses à cette crise sera une accélération des énergies renouvelables. Non seulement parce qu’elles contribuent à réduire les émissions, mais aussi parce qu’elles constituent une source d’énergie nationale », a déclaré Fatih Birol, Directeur exécutif de l’AIE, lors d’une intervention au National Press Club de Canberra.
Les données confirment cette tendance : en 2024, les énergies renouvelables ont représenté 85 % de toute la nouvelle capacité électrique mondiale installée, portées par l’énergie solaire. « Il y a dix ans, l’énergie solaire était une histoire romantique, mais aujourd’hui, l’énergie solaire est une affaire », a insisté Fatih Birol, soulignant sa compétitivité économique désormais établie.
Le « moment ukrainien » de l’Asie
Les analystes comparent l’impact potentiel de cette crise en Asie à celui de la guerre en Ukraine pour l’Europe. « C’est le moment de l’Ukraine en Asie. De la même manière que l’Ukraine a contraint l’Europe à réduire sa dépendance au gaz, Ormuz poussera l’Asie à réduire sa dépendance au pétrole – mais avec une technologie encore moins chère disponible », analyse Nick Butler-Sloss, expert en énergie.
L’électrification, via le solaire, l’éolien, les batteries et les transports électriques, est devenue le moteur dominant de la croissance énergétique mondiale. L’adoption rapide des véhicules électriques, particulièrement en Asie, pourrait permettre aux importateurs d’économiser plus de 600 milliards de dollars par an en importations de pétrole, un « super levier de sécurité » selon Butler-Sloss. Pourtant, les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) restaient à l’origine d’environ 80 % de la demande énergétique mondiale en 2023, selon l’AIE.
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