Le 3 décembre 2025, lors du New York Times Dealbook Summit au Jazz at Lincoln Center à New York, Dario Amodei, PDG et co-fondateur d’Anthropic, s’exprimait sur scène. Quelques jours auparavant, un rebondissement judiciaire majeur était survenu dans l’affaire opposant la start-up d’intelligence artificielle à l’administration Trump. Une juge fédérale de San Francisco a en effet accédé à la demande d’injonction préliminaire d’Anthropic, suspendant temporairement les mesures prises par le gouvernement fédéral contre l’entreprise et ses modèles Claude.
Contexte : Une désignation historique et une directive présidentielle
Fin février 2025, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait annoncé sur le réseau X qu’Anthropic constituait un risque pour la chaîne d’approvisionnement de la défense, une étiquette traditionnellement réservée aux entités étrangères adverses. Début mars, le département de la Défense (DOD) avait officiellement notifié cette désignation à l’entreprise par courrier. Cette décision obligeait les sous-traitants de la défense, tels qu’Amazon, Microsoft et Palantir, à certifier qu’ils n’utilisaient pas la technologie Claude dans leurs contrats avec l’armée.
Dans la foulée, le président Donald Trump avait publié un article sur Truth Social ordonnant aux agences fédérales de « cesser immédiatement » toute utilisation des modèles d’Anthropic, en instaurant une période de sevrage de six mois pour des entités comme le Pentagone. Dans son message, il avait déclaré : « NOUS déciderons du sort de notre pays – PAS d’une société d’IA de gauche radicale incontrôlable, dirigée par des gens qui n’ont aucune idée de ce qu’est le monde réel. »
Les fondements juridiques invoqués par l’administration
Pour justifier ses actions, l’administration Trump s’est appuyée sur deux dispositions légales distinctes :
- Le 10 USC § 3252, relatif aux risques pour la chaîne d’approvisionnement de la défense.
- Le 41 USC § 4713, concernant les restrictions d’approvisionnement pour des raisons de sécurité nationale.
Chacune de ces désignations fait l’objet d’un recours devant des tribunaux différents, ce qui a conduit Anthropic à déposer une plainte séparée pour un réexamen formel de la décision du DOD devant la Cour d’appel des États-Unis à Washington.
