jeudi, avril 9, 2026
AfriqueAfrique du Sud: Ramaphosa ordonne aux ministres d'atténuer les souffrances liées à la hausse des prix du carburant en avril

Afrique du Sud: Ramaphosa ordonne aux ministres d’atténuer les souffrances liées à la hausse des prix du carburant en avril

Pénurie de pétrole et inflation : l’Afrique du Sud confrontée à une hausse imminente des prix de l’énergie et de l’alimentation

Une récente décision de l’Iran de fermer une voie maritime stratégique pour le transport de pétrole a des répercussions économiques mondiales, touchant directement les consommateurs sud-africains. La fermeture du détroit d’Ormuz, par où transite une part significative du pétrole brut mondial, a perturbé les chaînes d’approvisionnement et fait grimper les prix du carburant. Or, en Afrique du Sud, cette hausse des coûts de l’énergie se répercute inévitablement sur le prix des denrées alimentaires, en augmentant les coûts de production, de transformation et de transport.

Une équipe ministérielle mobilisée face à la crise

Face à cette situation, le président Cyril Ramaphosa a annoncé la formation d’une équipe de travail ministérielle spéciale. Sa mission : trouver des mesures de protection pour les Sud-Africains face à la hausse anticipée des prix du carburant en avril. Cette annonce a été faite lors de la conférence de l’ANC dans la province du Limpopo.

Cette équipe réunit des poids lourds du gouvernement. Elle comprend notamment le ministre des Finances, Enoch Godongwana, le ministre des Ressources minérales, Gwede Mantashe, le ministre de l’Électricité et de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, ainsi que le ministre du Commerce et de l’Industrie, Parks Tau. Selon une source proche du dossier citée par le Sunday Times, la mission de ce groupe dépasse le simple suivi des prix à la pompe.

“Ils ne se contentent pas d’examiner les prix du carburant ; ils sont chargés d’examiner l’ensemble de la situation géopolitique et ses implications pour le pays”, a expliqué la source. “Ils utiliseront ensuite cette analyse pour étudier la question du prix du carburant et déterminer comment le contourner.”

Le stress au sommet de l’État et les pistes explorées

Le président Ramaphosa a lui-même reconnu l’ampleur de la pression, révélant qu’il et son ministre des Finances perdaient tous deux le sommeil à cause de cette crise inflationniste. “Il passe également des nuits blanches à cause de ce qui se passe. Je lui ai dit que je ne dormais pas du tout à cause du défi auquel notre peuple est actuellement confronté”, a confié Ramaphosa, soulignant l’urgence de la situation.

Parmi les solutions envisagées figure la possibilité pour le Trésor national de suspendre ou de réduire temporairement la taxe sur les carburants. Cette mesure fiscale pourrait, selon certains analystes, atténuer la pression sur les prix à la pompe et, par ricochet, sur le panier de la ménagère. Toutefois, le président a prévenu que cette hausse du coût de la vie créerait “davantage de difficultés” pour les ménages et réduirait la capacité de dépenses du gouvernement. “Nous devons trouver des moyens de contrôler notre propre réponse”, a-t-il insisté.

L’équipe de travail devra donc naviguer entre la nécessité immédiate de protéger les plus vulnérables et les contraintes budgétaires de l’État, le tout dans un contexte de tensions géopolitiques internationales échappant au contrôle du gouvernement sud-africain. La crédibilité et l’efficacité de sa réponse seront scrutées par une population déjà fragilisée économiquement.

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