samedi, avril 11, 2026
Start-upsLucid Bots lève 20 millions de dollars pour répondre à la demande pour ses drones lave-vitres

Lucid Bots lève 20 millions de dollars pour répondre à la demande pour ses drones lave-vitres

Lucid Bots, l’antithèse de la robotique spectacle

Alors que l’imaginaire collectif et les investissements massifs se tournent vers les robots humanoïdes capables de danser ou d’accomplir des saltos, une start-up basée en Caroline du Nord choisit une voie radicalement différente. Lucid Bots, fondée par Andrew Ashur, conçoit et fabrique des drones et des robots spécialisés dans une tâche bien terre-à-terre : le nettoyage des vitres. Une approche qui, selon son PDG, privilégie la performance sur le chantier aux démonstrations en laboratoire.

« La triste vérité est que la plupart vendent encore beaucoup de battage médiatique et de gros titres, et nous vendons des performances sur le chantier qui se reflètent dans nos clients, nos bénéfices et nos pertes », déclare Andrew Ashur dans un entretien avec TechCrunch. « Nous ne sommes pas seulement dans le laboratoire et les simulateurs. Nous avons de la terre sous les ongles et nous sommes sur les chantiers pour faire le travail. »

Une solution pour un métier dangereux et en déclin

Le métier de laveur de vitres est intrinsèquement risqué, surtout pour les gratte-ciel. C’est en observant, par un jour venteux, des ouvriers suspendus à des cordes risquant de s’écraser contre une façade que l’idée a germé chez Ashur, alors étudiant en économie et en espagnol au Davidson College. Il a alors envisagé la technologie comme un moyen de rendre ce travail plus sûr.

Ce constat s’inscrit dans un triple défi structurel, selon lui : « Les infrastructures construites constituent littéralement la plus grande classe d’actifs au monde, mais à l’heure actuelle, nous sommes confrontés à ces trois problèmes aggravants. Nous avons une infrastructure vieillissante, les nouvelles infrastructures que nous construisons sont de plus en plus grandes et plus difficiles à entretenir et, enfin et surtout, nous avons de moins en moins de personnes désireuses et capables de faire le travail. Nous devions commencer à construire des drones et des robots pour combler cet écart. »

De l’idée à l’usine : un parcours semé d’embûches

L’entreprise, lancée en 2018, a d’abord fonctionné comme une société de nettoyage contractuel. Pendant deux ans, Ashur et son équipe ont appris les rudiments du métier, subissant même des brûlures aux produits chimiques, pour bien comprendre les besoins réels des utilisateurs. Cette phase d’immersion a été cruciale pour développer des robots adaptés aux contraintes du terrain.

Convaincre les investisseurs n’a pas été chose aisée. Ashur, avec un parcours en arts libéraux et aucune expérience préalable en robotique, a mis près de cinq ans à expédier ses 100 premiers robots et à lever des fonds. La persévérance a payé : Lucid Bots vient de boucler une levée de série B de 20 millions de dollars, codirigée par Cubit Capital et Idea Fund Partners, portant son financement total à 34 millions de dollars.

Des robots sur le terrain et une demande qui explose

Aujourd’hui, la start-up vend deux produits principaux aux entreprises de nettoyage : le drone Sherpa, pour les grandes surfaces vitrées, et le robot Lavo, pour les vitres de plus petite taille. Conçus et fabriqués aux États-Unis, dans son usine de Charlotte, ces robots sont déjà sur des chantiers. La croissance est rapide : alors qu’il a fallu cinq ans pour atteindre les 100 unités vendues, la société se rapproche désormais du cap des 1 000 robots.

Cette accélération crée ses propres défis. « Nous avons plus de demandes de démonstrations que d’heures dans la journée, nous devons donc augmenter notre capacité et nos effectifs », explique Ashur, qui avoue même ressentir « un peu de brûlures d’estomac » face à la charge de travail. L’usine arrive à saturation de places de parking, signe d’une expansion rapide.

Au-delà du nettoyage : des applications adjacentes en vue

Lucid Bots ne compte pas s’arrêter au nettoyage. La collecte de données par ses robots sur le terrain alimente en continu son logiciel, améliorant à la fois les produits existants et permettant d’explorer de nouveaux usages. L’entreprise développe déjà des outils pour utiliser sa plateforme robotique pour des tâches adjacentes comme la peinture, l’imperméabilisation ou l’étanchéité.

« Nous avons récemment imperméabilisé un immense stade universitaire qui commençait à vieillir, en utilisant toujours le même cerveau et la même structure qu’un Sherpa », rapporte Ashur. Cette diversification est également portée par les clients existants. « Nous recevons, mon Dieu, probablement environ 50 prospects entrants par mois liés à la peinture et au revêtement, et c’était avant même que nous commencions à commercialiser cette option. »

Conclusion : Une robotique ancrée dans le réel

L’histoire de Lucid Bots illustre une voie alternative dans le secteur de la robotique : plutôt que de courir après l’innovation spectaculaire, elle résout des problèmes concrets et dangereux avec des solutions robustes. Son succès actuel, symbolisé par une croissance des ventes exponentielle et une nouvelle levée de fonds, semble valider cette stratégie pragmatique. En se concentrant sur l’efficacité opérationnelle et l’utilité immédiate pour des industries établies comme le nettoyage et la maintenance, la start-up de Charlotte démontre que la robotique de terrain, loin des projecteurs, peut constituer un marché solide et en expansion.

Découvrez nos autres contenus

Articles connexes