lundi, juin 1, 2026
Royaume-UniChangement de mai 2026 pour les emprunteurs britanniques car on leur dit qu'il n'y a « pas de moment idéal »

Changement de mai 2026 pour les emprunteurs britanniques car on leur dit qu’il n’y a « pas de moment idéal »

Inflation au Royaume-Uni : une baisse surprenante en avril 2026

Selon les dernières données de l’Office for National Statistics (ONS), l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 2,8 % sur un an jusqu’en avril 2026, contre 3,3 % enregistré en mars. Cette décélération dépasse les prévisions des analystes, qui tablaient sur une inflation autour de 3,1 % pour le même période.

Sur une base mensuelle, l’IPC a progressé de 0,7 % en avril 2026, alors qu’il avait gagné 1,2 % un an auparavant. Ces chiffres représentent la première fois depuis mi‑2023 que l’inflation annuelle tombe sous la barre des 3 %.

Facteurs à l’origine de la décélération

Grant Fitzner, économiste en chef à l’ONS, explique que la baisse provient principalement de la réduction du plafond tarifaire de l’énergie, mise en place par le gouvernement pour atténuer l’impact de la hausse des coûts du gaz et de l’électricité. Le programme de soutien aux factures énergétiques a permis de diminuer à la fois les tarifs variables et fixes, tandis que les prix de gros de l’énergie ont également reculé avant l’escalade du conflit au Moyen‑Orient.

Néanmoins, Fitzner précise que les prix du pétrole brut et de l’essence restent élevés, ce qui continue de pousser à la hausse le coût des matières premières et des produits manufacturés. Ainsi, la baisse actuelle de l’inflation masque des pressions inflationnistes latentes liées à l’énergie.

Réactions des professionnels du crédit immobilier

Plusieurs courtiers et conseillers financiers mettent en garde contre l’idée que cette baisse de l’inflation se traduira immédiatement par des taux hypothécaires plus avantageux.

  • Shaun Sturgess (Sturgess Mortgage Solutions, Swansea) décrit la situation comme « un loup déguisé en mouton ». Il souligne que les emprunteurs pourraient interpréter à tort le recul de l’inflation comme un signe imminent de baisse des taux, alors que les tensions au Moyen‑Orient pourraient faire remonter l’inflation durant l’été.
  • Philly Ponniah (Philly Financial) rappelle que la baisse est largement imputable à des effets énergétiques temporaires. Il prévient que, si l’inflation repart à la hausse, les attentes de futures baisses de taux pourraient changer rapidement, poussant certains emprunteurs à retarder inutilement la fixation ou le refinancement de leur prêt.
  • Hannah Vandervennin (The Mortgage Consultancy) insiste sur le coût d’attendre le « moment parfait ». Selon elle, reporter une décision peut conduire à manquer une opportunité d’achat, à rester bloqué sur un taux variable standard ou à voir son projet de réhypothèque s’enliser.
  • Rob Mansfield (Roots Wealth Management) qualifie la baisse actuelle d’« mirage dans le désert », rappelant que les prix du pétrole ont tendance à réagir avec un retard aux événements géopolitiques.
  • Justin Moy (EHF Mortgages) ajoute que les marchés intègrent déjà les coûts futurs liés au conflit au Moyen‑Orient, ce qui rend peu probable une baisse significative des taux hypothécaires dans les prochains mois.

Conseils pratiques pour les emprunteurs et les épargnants

Face à cet environnement incertain, les experts recommandent une approche proactive plutôt que de compter sur une baisse hypothétique des taux.

  1. Évaluer sa situation financière actuelle : examiner le taux en cours, la durée restante du prêt et la capacité à absorber une éventuelle hausse des mensualités.
  2. Comparer les offres de fixation : même si les taux semblent stables, verrouiller un taux fixe peut offrir une protection contre une remontée inattendue de l’inflation.
  3. Surveiller les indicateurs macroéconomiques : suivre les publications de l’ONS, les décisions de la Banque d’Angleterre et les évolutions des prix de l’énergie pour anticiper les mouvements de taux.
  4. Diversifier ses placements : pour les épargnants, placer une partie de ses liquidités dans des instruments liés à l’inflation (obligations indexées, fonds immobiliers) peut préserver le pouvoir d’achat lorsque l’inflation remonte.
  5. Consulter un professionnel agréé : un conseiller financier ou un courtier hypothécaire peut fournir une analyse personnalisée, en tenant compte du profil de risque et des objectifs à long terme.

Sources et références

  • Office for National Statistics (ONS). « Consumer price inflation, UK: April 2026 ». ons.gov.uk (consulté le 3 mai 2026).
  • Déclarations de Grant Fitzner, économiste en chef à l’ONS, publiées dans le communiqué de presse de l’ONS, avril 2026.
  • Interviews recueillies auprès de Shaun Sturgess, Philly Ponniah, Hannah Vandervennin, Rob Mansfield, Justin Moy et Eamonn Prendergast, avril 2026.

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