La PRA propose de renforcer la résilience liquidienne des banques après les crises de 2023
L’Autorité de réglementation prudentielle (PRA) britannique a lancé, le 16 mai 2024, une consultation publique visant à moderniser ses règles en matière de liquidité bancaire. Cette initiative répond directement aux enseignements tirés des secousses du secteur financier mondial en mars 2023, notamment l’effondrement rapide de la Silicon Valley Bank (SVB) aux États-Unis et la crise de confiance ayant conduit au rachat du Credit Suisse par UBS.
Des exigences recentrées sur l’utilisabilité réelle des actifs liquides
Plutôt que d’augmenter le volume d’actifs liquides que les banques doivent détenir, la PRA propose de se concentrer sur l’efficacité opérationnelle de ces actifs en cas de crise aiguë. L’objectif est de s’assurer que les banques peuvent réellement et rapidement convertir leurs actifs en liquidités disponibles lors d’une “pénurie de liquidités survenant en une semaine”, un scénario plus sévère que l’horizon d’un mois souvent utilisé dans les tests actuels.
Les principales mesures proposées incluent :
- L’obligation pour les banques de réaliser des évaluations internes approfondies identifiant les obstacles pratiques à la monétisation de leurs actifs, et de soumettre ces actifs à des tests de résistance sur un horizon de sept jours.
- La suppression d’une exemption permettant d’exclure les obligations souveraines et autres “actifs de niveau 1” hautement liquides des tests annuels de monétisation d’actifs moins liquides. Cette mesure vise à garantir que l’ensemble du portefeuille d’actifs peut effectivement soutenir la liquidité en cas de stress.
- Une simplification des autres demandes de données associées, afin d’éviter une augmentation globale de la charge déclarative pour le secteur.
- Un encouragement explicite à renforcer la préparation opérationnelle pour accéder aux facilités de prêt de la Banque d’Angleterre (BoE) en cas de besoin.
Leçons des récentes faillites et contexte technologique
Sam Woods, Sous-Gouverneur de la BoE chargé de la supervision prudentielle et Directeur Général de la PRA, a résumé l’esprit de la réforme : « Cette proposition reprend les principales leçons des dernières années. Nous n’avons pas cherché à augmenter le montant des actifs liquides à détenir, mais à garantir que ces actifs font réellement ce qu’on attend d’eux et sont utilisables en cas de panique. »
Cette refonte s’inscrit dans un contexte où les technologies bancaires, de paiement et de communication ont profondément évolué depuis la dernière mise à jour majeure des règles de liquidité, suite à la crise financière de 2008. L’effondrement de la SVB, en particulier, a été marqué par une fuite de dépôts électronique ultra-rapide, soulignant la nécessité d’adapter les cadres de résilience à une vitesse de propagation des chocs désormais inédite.
Un équilibre entre stabilité financière et compétitivité
La PRA souligne que ses propositions visent à maintenir la stabilité du système financier britannique sans imposer de coûts réglementaires superflus. En se concentrant sur l’« utilisabilité » plutôt que sur la simple quantité d’actifs, l’autorité cherche à préserver la capacité des banques à financer l’économie tout en se prémunissant contre des scénarios de crise extrêmes.
Cette consultation, qui s’inscrit dans le programme plus large de la PRA pour renforcer la résilience et la compétitivité du secteur, est ouverte aux commentaires jusqu’au [date à préciser selon le communiqué]. Les modifications finales devraient être publiées ultérieurement en 2024.
Notes aux rédacteurs
- Le texte intégral de la consultation de la PRA sur les normes de liquidité (Liquidity Coverage Ratio et Net Stable Funding Ratio) est disponible sur le site officiel de la Bank of England.
- Les déclarations attribuées à Sam Woods sont issues du communiqué de presse officiel de la PRA daté du 16 mai 2024.
