Accord entre Google DeepMind et la Corée du Sud : le projet K‑Moonshot
Le 27 avril 2026, lors d’une cérémonie organisée à Séoul, le vice‑Premier ministre et ministre des Sciences et des TIC, Bae Kyung‑hoon, a assisté à la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement sud‑coréen et Google DeepMind. Cet engagement s’inscrit dans le cadre du programme national « K‑Moonshot », qui vise à exploiter l’intelligence artificielle pour résoudre des problèmes scientifiques complexes tels que la modélisation climatique, la découverte de médicaments et l’optimisation des réseaux énergétiques.
Selon les images diffusées par Bloomberg et Getty Images, la signature a eu lieu en présence de représentants de DeepMind, de chercheurs coréens et de responsables du ministère. Le projet prévoit un financement conjoint de plusieurs centaines de millions de dollars sur cinq ans, ainsi que le partage de données et de infrastructures de calcul haute performance.
Répartition équitable des richesses générées par l’IA
Lors de son intervention, Bae Kyung‑hoon a insisté sur la nécessité que la valeur créée par l’intelligence artificielle bénéficie à l’ensemble de la société, et non seulement à quelques grandes entreprises.
« Les bénéfices de l’IA doivent également profiter au public. Séoul est profondément concentré sur la construction d’une « société inclusive de l’IA », une société où personne n’est laissé pour compte à l’ère de l’IA. »
Il a rappelé que les récents conflits entre syndicats et la direction chez Samsung Electronics illustrent les tensions qui peuvent apparaître lorsqu’une concentration de richesse technologique se produit sans mécanismes de redistribution adéquats.
Le conflit chez Samsung et l’accord syndical
En avril 2026, des travailleurs syndiqués de Samsung avaient prévu une grève de 18 jours pour obtenir :
- la formalisation des primes dans leurs contrats de travail,
- la suppression des plafonds de primes,
- le versement de 15 % des bénéfices d’exploitation de l’entreprise sous forme de primes.
Après une intervention de dernière minute des autorités gouvernementales, le débrayage a été suspendu. Un accord de principe a été conclu le mercredi suivant, soumis au vote du syndicat entre le vendredi et le 27 mai.
Bae Kyung‑hoon a prévenu que ce type d’action revendicative ne serait probablement pas un événement isolé :
« À l’ère de l’IA, de plus en plus de très grandes entreprises continueront à émerger. Dans ce processus, des conflits entre les syndicats et la direction pourraient continuer à surgir, et lorsqu’ils se produiront, il sera important de les résoudre judicieusement par le dialogue. »
Inquiétudes autour de l’intégration des robots Atlas chez Hyundai
Le ministre a également évoqué les préoccupations soulevées par l’introduction des robots Atlas, fabriqués par Boston Dynamics, dans les lignes de production de Hyundai. Selon lui, « de nombreuses inquiétudes et inquiétudes » existent concernant l’impact de ces systèmes sur l’emploi et la sécurité des travailleurs.
Il a souligné que la Corée du Sud doit non seulement développer la capacité à créer de la « grande richesse » grâce à l’IA, mais aussi établir des cadres d’évaluation pour déterminer comment cette richesse et la technologie associée seront utilisées et quel sera leur effet sur le public.
Performance du marché Kospi et concentration des gains technologiques
Interrogé sur la forte hausse du Kospi, Bae Kyung‑hoon a reconnu que les actions de Samsung et de SK Hynix ont respectivement gagné près de 144 % et 200 % depuis le 1er janvier 2026, poussant l’indice à plus de 86 % de gain annuel, dépassant ainsi la progression d’environ 75 % enregistrée l’année précédente.
Il a toutefois précisé que cette concentration ne constitue pas nécessairement une faiblesse :
« Même si ces deux sociétés ont clairement leurs propres points forts, il existe également un écosystème de sociétés liées qui soutiennent la production de semi‑conducteurs. »
Cette remarque vise à rappeler que la chaîne de valeur des semi‑conducteurs comprend de nombreux fournisseurs, équipementiers et entreprises de services qui bénéficient également de l’essor de l’IA.
Vers une avancée dans l’IA physique
Bae Kyung‑hoon a exprimé sa confiance dans la capacité de la Corée du Sud à réaliser une percée dans le domaine de l’IA physique, qui désigne l’intelligence artificielle embarquée dans des machines telles que des robots, des véhicules autonomes et des systèmes industriels.
Selon lui, les semi‑conducteurs et l’infrastructure d’IA forment la base fondamentale, tandis que le pays cherche à développer l’ensemble des capacités de l’IA, incluant divers équipements matériels, logiciels et services associés.
Cette approche globale vise à garantir que les avancées technologiques se traduisent par des améliorations concrètes de la productivité, de la sécurité et de la qualité de vie pour tous les citoyens.
Conclusion
Les déclarations de Bae Kyung‑hoon illustrent une vision équilibrée : tirer parti du potentiel économique de l’intelligence artificielle tout en veillant à ce que ses bénéfices soient largement partagés et que les défis sociaux liés à l’automatisation soient anticipés et gérés par le dialogue. Le partenariat avec Google DeepMind pour le projet K‑Moonshot, les négociations en cours chez Samsung et les réflexions sur l’intégration de robots avancés chez Hyundai montrent que la Corée du Sud cherche à concilier innovation technologique et responsabilité sociétale.
