lundi, juin 1, 2026
Asie-PacifiqueLes États-Unis et les Philippines sont sur le point de conclure un accord sur une zone de sécurité économique, selon un responsable américain

Les États-Unis et les Philippines sont sur le point de conclure un accord sur une zone de sécurité économique, selon un responsable américain

Les États‑Unis et les Philippines négocient un accord pour une zone de sécurité économique à Luçon

Selon un haut responsable de l’administration Trump cité par Reuters, Washington espère conclure rapidement un cadre à long terme avec Manille afin d’établir une zone de sécurité économique sur l’île de Luçon. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’initiative Pax Silica, lancée en décembre 2024 pour renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement technologiques américaines.

Contexte de l’initiative Pax Silica

Pax Silica vise à créer une alliance de la chaîne d’approvisionnement technologique rassemblant des partenaires capables de fournir des minéraux critiques, de soutenir la fabrication de pointe, l’informatique et l’infrastructure de données. Les Philippines sont devenues le 13ᵉ pays à rejoindre cette alliance le mois précédent, portant à treize le nombre de nations engagées dans ce partenariat stratégique.

Objectifs de la zone de sécurité économique

Les deux gouvernements ont convenu de développer conjuntement une zone de 1 620 hectares située près de New Clark City, non loin de l’ancienne base aérienne américaine de Clark, fermée en 1992. Selon le Département d’État américain, la zone a deux buts principaux :

  • augmenter la production d’intrants essentiels aux chaînes d’approvisionnement américaines;
  • servir de point de départ pour une plateforme spécialement conçue afin de faciliter la fabrication alliée.

Cette approche cherche à réduire la dépendance américaine vis‑à‑vis de la Chine pour des matières telles que le lithium, le cobalt et les terres rares, tout en offrant aux entreprises américaines un environnement sécurisé pour leurs opérations de haute technologie.

Les discussions en cours et les acteurs impliqués

Lors d’une interview publiée hier par Reuters, le sous‑secrétaire d’État aux Affaires économiques, Jacob Helberg, a confirmé que les deux pays sont en pourparlers actifs sur le cadre à long terme régissant la zone. Il a déclaré :

« Je m’attends à ce que les États‑Unis et les Philippines parviennent à un accord le plus tôt possible. Il y a un énorme élan derrière cela. »

Helberg a également indiqué que des priorités industrielles sectorielles sont en cours de définition afin de déterminer quels types d’activités économiques seront autorisés dans la zone. Lors de sa visite sur le site proposé, il était accompagné de représentants de plus d’une douzaine d’entreprises américaines, parmi lesquelles :

  • 8VC
  • Foxconn
  • Agility Robotics
  • Joby Aviation
  • Valar Atomics

Ces sociétés témoignent de l’intérêt manifesté par le secteur privé américain pour profiter d’un accès privilégié à des intrants critiques actuellement sous contrôle chinois.

Points de désaccord sur la gouvernance

Un sujet de divergence concerne le régime juridique qui s’appliquera à la zone. Le Wall Street Journal a rapporté le 16 avril que les États‑Unis souhaiteraient occuper le site sans loyer, l’administrer comme une zone économique spéciale bénéficiant d’une immunité diplomatique similaire à celle d’une ambassade américaine et fonctionner selon la common law américaine.

Cependant, Joshua Bingcang, président et directeur général de la Bases Conversion and Development Authority (BCDA), a déclaré au Straits Times le 18 mai que les Philippines n’ont accepté aucune de ces propositions :

« C’est leur demande, mais nous n’avons pas accepté cela. Aucun arrangement spécial ne sera accordé aux États‑Unis. »

Selon Bingcang, la zone sera régie par la loi philippine sur les zones économiques spéciales ainsi que par la législation de la BCDA, qui supervise la conversion et le développement d’anciennes bases militaires américaines – dont Clark et la base navale de Subic Bay – en centres d’investissement.

En résumé, alors que l’élan politique et industriel autour de la zone de sécurité économique de Luçon reste fort, la négociation du cadre juridique définitif reste un point clé à résoudre. L’issue de ces discussions déterminera non seulement la portée de l’initiative Pax Silica, mais aussi la manière dont les États‑Unis et leurs partenaires pourront renforcer leurs chaînes d’approvisionnement technologiques dans un contexte de concurrence stratégique mondiale.

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