samedi, avril 11, 2026
EntrepreneursLes prix et les marchés du pétrole connaissent un soulagement après que Trump ait freiné la guerre en Iran

Les prix et les marchés du pétrole connaissent un soulagement après que Trump ait freiné la guerre en Iran

Les marchés financiers dans l’expectative après les annonces contradictoires sur l’Iran

Lundi, les marchés financiers mondiaux ont connu une séance de forte volatilité, oscillant entre l’optimisme et la prudence, suite à des déclarations du président américain Donald Trump concernant des négociations avec l’Iran pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient. Cette séquence illustre la sensibilité extrême des actifs aux nouvelles géopolitiques, particulièrement dans un contexte où les perturbations des flux énergétiques pèsent sur l’économie mondiale.

Un rebond technique après une annonce présidentielle

En début de séance à Wall Street, les indices ont bondi après que M. Trump a affirmé que des discussions « productives » avec l’Iran avaient eu lieu « au cours des deux derniers jours » en vue d’une « résolution complète et totale » des conflits. Le prix du pétrole Brent a immédiatement chuté de plus de 9%, passant de près de 120 dollars le baril la semaine dernière à 101,62 dollars. Le S&P 500 a gagné jusqu’à 2,2% en milieu de matinée, son plus fort gain depuis le début du conflit, avant de réduire ses gains à +1,2% en clôture.

Cependant, cette euphorie a ététempérée par un démenti catégorique des autorités iraniennes. Les médias d’État iraniens ont nié l’existence de tels pourparlers, accusant au contraire Washington de reculer « suite à l’avertissement ferme de l’Iran ». Cette contradiction a provoqué une rapide révision des positions sur les marchés : le Brent est brièvement retombé sous les 96 dollars le baril avant de se stabiliser, tandis que le S&P 500 a effacé une partie de ses gains initiaux.

Le contexte tendu des menaces sur le détroit d’Ormuz

Pour comprendre l’ampleur de la réaction, il faut rappeler le contexte des jours précédents. Ce week-end, M. Trump avait menacé de « détruire » les centrales électriques iraniennes si Téhéran n’ouvrait pas le détroit d’Ormuz dans les 48 heures. Cette voie d’eau stratégique, par laquelle transite environ un cinquième du pétrole maritime mondial, avait vu son trafic gravement perturbé, accentuant les craintes d’une pénurie d’approvisionnement.

L’annonce lundi d’un report de cinq jours des menaces américaines a donc été perçue comme un dé-escalade immédiate, expliquant le soulagement initial des marchés. Le report semble lié à la poursuite supposée des discussions, bien que la version iranienne en fasse une capitulation américaine face à leur propre fermeté.

Une volatilité structurelle liée aux incertitudes géopolitiques et monétaires

Cette séquence de rebond puis de consolidation n’est pas isolée. Depuis le déclenchement du conflit, les marchés naviguent à l’aveugle entre des scénarios de guerre courte et prolongée. L’enjeu dépasse le seul prix du pétrole : une perturbation durable des flux énergétiques risque de déclencher une nouvelle vague inflationniste mondiale, ce qui pourrait forcer les banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine, à maintenir des taux directeurs élevés plus longtemps qu’escompté, étouffant la croissance.

Les rendements des obligations d’État américaines en témoignent. Le taux à 10 ans est tombé à 4,36% après l’annonce, contre 4,39% vendredi, mais il reste bien supérieur au niveau de 3,97% enregistré juste avant le conflit. Cette prime de risque persiste, reflétant les craintes d’un environnement de taux durablement plus élevé.

Des réactions contrastées selon les régions et les secteurs

La réaction a été immédiate et positive sur les marchés occidentaux ouverts au moment de l’annonce. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,8%, et à Francfort, le DAX a pris 1,2%. À Wall Street, la hausse a été très large : environ 80% des actions du S&P 500 ont progressé. Les secteurs les plus sensibles au prix du carburant ont mené la danse : Norwegian Cruise Line (+7,3%), United Airlines (+3,9%) et American Airlines (+3,8%). Les petites capitalisations, représentées par le Russell 2000, ont bondi de 2,3%, sortant de la « correction » (baisse de plus de 10% par rapport au pic) où elles étaient entrées la semaine précédente.

En revanche, les marchés asiatiques, déjà fermés au moment des déclarations, ont clôturé en forte baisse. Le Kospi sud-coréen (-6,5%), le Nikkei japonais (-3,5%) et le Hang Seng de Hong Kong (-3,5%) ont subi les conséquences des craintes antérieures à l’annonce. Ce décalage souligne la nature 24h/24 et interconnectée des marchés, où les nouvelles peuvent être absorbées à des moments très différents selon les fuseaux horaires.

Un parallèle avec la volatilité des « tarifs douaniers » de 2025

Les investisseurs chevronnés n’ont pas manqué de faire un parallèle avec la frénésie des marchés lors de l’épisode des « tarifs douaniers mondiaux » initié par l’administration Trump en 2025, surnommé le « Jour de la Libération ». À l’époque, les annonces brutales avaient provoqué des secousses historiques, avant que des négociations et des reculs partiels ne tempèrent la situation. Le phénomène, moqué par certains analystes sous l’acronyme « TACO » (pour « Trump Always Chickens Out » / Trump finit toujours par reculer) lorsque les marchés souffrent trop, semble récurrent. La dynamique actuelle – menace, annonce de négociation, démenti, report – en reprend

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