Paprclip : une appli de responsabilité sociale née de l’expérience « Survivor »
Kyle Fraser et Kamilla Karthigesu, alliés victorieux de la saison 48 de « Survivor », ont décidé de transformer la dynamique d’équipe qui les a menés à la victoire en un outil numérique destiné à aider chacun à atteindre ses objectifs personnels. Leur nouvelle application, nommée Paprclip, se présente comme une plateforme de responsabilité sociale où les utilisateurs partagent leurs progrès sous forme de courts clips vidéo, tout en s’encourageant mutuellement à relever des défis quotidiens.
Origine du projet
Après leur victoire dans « Survivor », Fraser et Karthigesu ont tous deux participé à la saison 50, mais Fraser a subi une rupture du tendon d’Achille lors du premier défi d’immunité, l’obligeant à quitter le jeu et à entamer plusieurs mois de physiothérapie 1. Durant cette période, sa femme attendait un enfant et il a commencé à réfléchir aux facteurs qui avaient réellement contribué à ses succès passés : l’organisation, la responsabilité et, surtout, le soutien d’autrui.
Dans une interview accordée à TechCrunch, Fraser a expliqué : « J’ai eu beaucoup de choses dans ma vie qui ont nécessité de l’organisation, mais aussi de la responsabilité et l’impulsion de différentes personnes ». Cette prise de conscience l’a amené à envisager un produit qui mettrait l’accent sur le collectif plutôt que sur la seule performance individuelle.
Fonctionnalités de l’application
Paprclip propose plusieurs mécanismes visant à transformer la définition d’objectifs en une expérience collaborative :
- Défis quotidiens aléatoires : inspirés des épreuves de « Survivor », ces défis sont conçus en collaboration avec des thérapeutes cliniciens agréés afin de pousser les utilisateurs hors de leur zone de confort sans mettre l’accent sur la performance physique.
- Suivi des progrès via des clips vidéo : chaque utilisateur peut enregistrer de courtes séquences montrant son avancée vers un objectif (sport, apprentissage, hobby, etc.) et les partager soit en privé, soit publiquement sur d’autres réseaux sociaux.
- Objectifs et habitudes personnalisables : outre les défis proposés, chacun peut créer ses propres buts, les décomposer en tâches quotidiennes et suivre leur réalisation grâce à une liste de tâches intégrée.
- Badges et reconnaissance : la réalisation de défis ou d’étapes d’objectif permet d’obtenir des badges visibles sur le profil, renforçant le sentiment d’accomplissement.
- Mode solo ou en binôme : l’application peut être utilisée individuellement ou en paire, ce dernier mode favorisant la responsabilité mutuelle.
Fraser insiste sur le fait que Paprclip ne se limite pas au suivi de la santé ou du bien‑être : « Je ne la vois pas uniquement comme une application de santé et de bien‑être. En fait, si Paprclip fonctionne comme je le souhaite, je pense que les gens se rendront compte qu’ils peuvent l’utiliser pour ce qu’ils veulent – des personnes qui essaient de s’adonner à différents passe-temps comme la cuisine, la peinture ou d’autres activités. Il s’agit d’une application de responsabilité sociale » 2.
Financement et soutien institutionnel
Pour lancer le projet, les fondateurs ont bénéficié d’une subvention de 20 000 USD octroyée par le Flemming Center for Entrepreneurship and Innovation du Hampden‑Sydney College, où Fraser est devenu le premier ancien fondateur à créer une entreprise grâce au programme « Forge on the Hill » 3. Par ailleurs, le Zell Lurie Institute for Entrepreneurship de l’Université du Michigan a accordé un financement dédié destiné à la conception UX/UI de l’application 4.
En complément de ces apports, Paprclip a lancé une campagne Kickstarter visant à récolter 40 000 USD supplémentaires destinés au développement technique et au déploiement initial de l’application 5. À ce jour, aucune levée de fonds extérieure supplémentaire n’a été annoncée.
Perspectives d’avenir
Les créateurs envisagent Paprclip comme un espace où la valeur réside dans l’interaction humaine plutôt que dans l’automatisation. Fraser précise que l’application a été développée par des personnes et non par une intelligence artificielle, afin de conserver une dimension authentique et empathique 6.
Si la campagne Kickstarter atteint son objectif, l’équipe prévoit de lancer une version bêta publique d’ici la fin de l’année, suivie d’un déploiement progressif sur iOS et Android. L’ambition ultime est de créer une communauté où chacun puisse trouver le soutien nécessaire pour transformer ses aspirations en réalisations concrètes, tout en célébrant le pouvoir du collectif – une leçon que Fraser et Karthigesu ont apprise sur l’île de « Survivor » et qu’ils souhaitent désormais partager avec le monde.
