Introduction
Bonjour, ici Priyanka Salve, je vous écris depuis Singapour. Bienvenue dans la dernière édition de « Inside India », votre rendez‑vous dédié aux histoires et aux développements de la plus grande économie à la croissance rapide du monde.
La grande histoire : le sommet Trump‑Xi et ses répercussions pour l’Inde
Le 30 octobre 2025, le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping se sont serré la main après une réunion bilatérale à la base aérienne de Gimhae, à Busan, en Corée du Sud. Andrew Harnik | Getty Images
Lorsque le sommet entre les deux plus grandes économies mondiales a commencé plus tard dans la journée, les analystes indiens ont exprimé une préoccupation particulière : un éventuel assouplissement de la position de Trump envers Pékin pourrait réduire le rôle stratégique de New Delhi dans l’Indo‑Pacifique.
Selon Desai, chercheur à l’Observer Research Foundation, « l’Inde devra rendre sa valeur stratégique plus difficile à négliger ». Pour cela, il estime que la relation américano‑indienne doit produire des résultats concrets dans des secteurs tels que la défense, la sécurité maritime, les minéraux critiques, l’énergie et la fabrication.
Lors de leur précédente rencontre à Busan en novembre 2024, Trump avait qualifié Xi de « négociateur très coriace » et avait déclaré que les deux parties entretenaient « toujours de très bonnes relations ». Xi, de son côté, avait invité Pékin et Washington à devenir « partenaires et amis », tandis que Trump avait évoqué la notion de « G2 » pour désigner la Chine et les États‑Unis comme les deux piliers du système mondial.
Changement dans la politique étrangère américaine
Pendant plus de deux décennies, les administrations américaines successives ont approfondi leurs liens avec l’Inde afin de contrebalancer l’influence croissante de la Chine dans la région Indo‑Pacifique. L’Inde, en tant que plus grande démocratie du monde, est considérée comme un partenaire naturel des États‑Unis.
Harsh Pant, vice‑président des études et de la politique étrangère à l’Observer Research Foundation, rappelle que c’est durant le premier mandat de Trump que la politique américaine envers la Chine a été remise en question, donnant même l’impulsion au QUAD (Australie, Inde, Japon, États‑Unis), un partenariat visant un « Indo‑Pacifique pacifique, stable et prospère ».
Les tensions commerciales sino‑américaines, intensifiées durant le premier mandat de Trump, ont également bénéficié à l’Inde grâce à la politique « Chine+1 », qui a poussé de nombreuses entreprises américaines à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement loin de Pékin.
Cependant, le deuxième mandat de Trump a marqué un tournant. La politique étrangère américaine est devenue plus transactionnelle et moins axée sur les valeurs, entraînant une détérioration des relations indo‑américaines sur les questions commerciales et tarifaires.
- En 2024, Washington a accusé New Delhi de profiter du pétrole russe bon marché et a imposé des droits de douane de 25 % sur les importations indiennes, tout en laissant inchangés les achats de pétrole russe par la Chine.
- Suite au sommet Trump‑Xi de Busan l’année dernière, les droits de douane américains sur les produits chinois ont été réduits à environ 47 %, soit moins que les 50 % initialement appliqués aux produits indiens, avant d’être abaissés davantage au début de cette année.
Chietigj Bajpaee, chercheur principal pour l’Asie du Sud à Chatham House, observe que « le discours selon lequel l’Inde est un contrepoids à la Chine s’est affaibli sous l’administration Trump », notant une approche davantage guidée par des accords ponctuels que par une stratégie de long terme.
Aryan D’Rozario, chercheur associé et président de la chaire sur l’économie de l’Inde et de l’Asie émergente au CSIS, explique que l’administration Trump a initialement adopté une position très belliciste envers la Chine, mais a rapidement réalisé l’absence de substituts adéquats aux composants chinois nécessaires aux entreprises et aux consommateurs américains, ce qui a conduit à un assouplissement de la posture envers Pékin.
Dans ce contexte, alors que les relations indo‑américaines se sont refroidies, Pékin et New Delhi restent engagés dans des différends frontaliers anciens, maintenus sous tension. Bajpaee ajoute que, du point de vue de New Delhi, la réunion Trump‑Xi sera observée avec appréhension, notamment en raison du risque de voir renaître un concept de « G2 » qui marginaliserait les puissances moyennes comme l’Inde.
Besoin de savoir : développements récents en Inde
Modi met en garde contre les risques de la guerre en Iran
Le Premier ministre indien Narendra Modi a exhorté les citoyens à réduire leur consommation de carburant, à limiter leurs voyages à l’étranger et à suspendre leurs achats d’or, soulignant l’impact grave de la guerre en Iran sur l’économie indienne. Selon le ministère des Finances, la hausse des coûts de l’énergie devrait aggraver le déficit commercial et le déficit du compte courant du pays.
L’inflation poursuit sa hausse en avril
En Inde, l’inflation des prix à la consommation a augmenté pour le sixième mois consécutif en avril, atteignant 3,48 % contre 3,40 % en mars, même si le gouvernement a maintenu les prix à la pompe stables afin de protéger les consommateurs de la volatilité mondiale du pétrole.
New Delhi augmente les droits d’importation sur l’or
L’Inde, deuxième consommateur mondial d’or, a relevé les droits d’importation sur l’or et l’argent de 6 % à 15 % quelques jours après que le Premier ministre Modi ait demandé à ses citoyens de limiter leurs achats de lingots pendant un an, afin d’alléger la pression sur la roupie.
Événements à venir
- 14‑15 mai : l’Inde accueillera la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS.
- 15‑20 mai : le Premier ministre Modi se rendra aux Émirats arabes unis, aux Pays‑bas, en Suède, en Norvège et en Italie.
