mercredi, juin 17, 2026
Start-upsProfitant d'un rallye de l'IA, Robinhood prépare l'introduction en bourse de sa deuxième entreprise de vente au détail

Profitant d’un rallye de l’IA, Robinhood prépare l’introduction en bourse de sa deuxième entreprise de vente au détail

Robinhood prépare le lancement d’un deuxième fonds de capital‑risque

Deux mois seulement après l’introduction en bourse de son premier véhicule d’investissement, Robinhood annonce qu’elle travaille à la création d’un deuxième fonds, désigné en interne sous le nom de RVII. L’entreprise a déposé un enregistrement confidentiel auprès des autorités de régulation, une étape habituelle qui permet de finaliser le processus d’approbation avant de rendre les détails publics.

Le premier fonds (RVI) en bref

Le fonds inaugural, négocié sous le symbole RVI à la New York Stock Exchange, détient actuellement des participations dans dix start‑ups technologiques :

  • Airwallex
  • Boom
  • Databricks
  • ElevenLabs
  • Mercor
  • OpenAI
  • Oura
  • Ramp
  • Revolut
  • Stripe

Lors de son introduction en mars, l’action RVI était cotée à 21 $ ; à la clôture de lundi, elle s’établissait à 43,69 $, soit plus du double du prix de départ. Cette hausse s’explique en partie par l’engouement du marché pour les perspectives d’intelligence artificielle des sociétés présentes dans le portefeuille.

Robinhood avait initialement visé une levée de 1 milliard de dollars pour ce fonds, mais la collecte finale s’est avérée inférieure de plusieurs centaines de millions. Malgré ce déficit, le fonds a affiché de solides performances depuis son lancement.

Objectifs et stratégie du nouveau fonds RVII

Selon le billet de blog publié par Robinhood, le montant cible de RVII n’a pas encore été fixé. Contrairement à RVI, qui se concentrait principalement sur des entreprises déjà en phase de croissance, RVII élargira son champ d’action aux start‑ups en phase de démarrage ainsi qu’à celles en phase de croissance.

Investir dans des jeunes pousses comporte généralement un risque plus élevé, mais offre également un potentiel de rendement supérieur. Cette diversification vise à capter une partie de la valeur créée très tôt dans le cycle de vie des entreprises, là où les gains peuvent être les plus substantiels.

Un modèle d’accès démocratisé au capital‑risque

Aux États‑Unis, la réglementation fédérale limite l’accès aux investissements privés aux « investisseurs accrédités » – ceux dont la valeur nette dépasse 1 million de dollars ou dont le revenu annuel dépasse 200 000 $. Historiquement, cela exclut la majorité des particuliers des premières levées de fonds, où les rendements les plus élevés sont souvent réalisés.

Robinhood veut changer cette dynamique. En proposant RVI et désormais RVII comme des fonds négociés en bourse, la société permet à tout investisseur disposant d’un compte de courtage ordinaire d’acquérir des parts d’un portefeuille de start‑ups privées, sans exigence d’accréditation et sans frais de portage (carried interest). Les actions peuvent être achetées ou vendues chaque jour d’ouverture du marché, offrant une liquidité quotidienne absente des fonds de capital‑risque traditionnels, où le capital est généralement bloqué pendant plusieurs années.

Lors de la conférence Future of Everything du Wall Street Journal, le PDG Vlad Tenev a résumé la vision : « Vous pouvez considérer Robinhood Ventures comme une société de capital‑risque cotée, avec liquidité quotidienne, aucune exigence d’accréditation et aucun portage. »

La vision à long terme de Vlad Tenev

Tenev voit plus loin que la simple création de fonds. Il souhaite que les investisseurs de détail participent de manière significative aux premiers tours de table (seed et série A) des start‑ups, tout comme ils le font actuellement sur les marchés publics. Selon lui, permettre au grand public d’entrer « au rez‑de‑chaussée » des cycles de financement privé pourrait redistribuer une partie de la création de valeur qui, jusqu’ici, s’est surtout produite hors des marchés publics.

Si cette ambition se réalise, elle pourrait modifier profondément la façon dont les start‑ups levèrent leurs premiers capitaux, en faisant coexister les fonds de capital‑risque traditionnels et les investisseurs particuliers dès les phases les plus précoces.

Implications pour l’écosystème des start‑ups

Actuellement, la quasi‑totalité de l’appréciation des valorisations des start‑ups d’intelligence artificielle se produit sur les marchés privés, hors de portée de la plupart des épargnants. En ouvrant ces marchés aux investisseurs de détail via des véhicules cotés, Robinhood pourrait :

  • Augmenter la demande de capitaux aux premiers stades, potentiellement réduisant le coût du financement pour les entrepreneurs.
  • Favoriser une plus grande transparence, puisque les valorisations seraient partiellement reflétées par les cours boursiers.
  • Introduire une nouvelle source de liquidité pour les premiers investisseurs, qui pourraient revendre leurs parts plus facilement qu’aujourd’hui.

Ces évolutions restent toutefois soumises à l’acceptation réglementaire et à la capacité des fonds à générer des rendements suffisants pour attirer et retenir les investisseurs sur le long terme.

Découvrez nos autres contenus

Articles connexes