Le moral des petits entrepreneurs américains rebondit, traversant les clivages politiques
Après un début d’année 2025 marqué par l’incertitude, les propriétaires de petites entreprises aux États-Unis affichent un regain de confiance notable. Cette amélioration, mesurée par une enquête menée par SurveyMonkey début juillet, touche aussi bien les sympathisants démocrates que républicains, suggérant une perception plus positive de la conjoncture économique au-delà des divisions partisanes traditionnelles.
Un optimisme en forte hausse, quel que soit le camp politique
Les chiffres sont éloquents. Seuls 8 % des entrepreneurs démocrates jugeaient l’économie “bonne ou excellente” au deuxième trimestre ; ils sont désormais 24 %. Du côté républicain, le taux de satisfaction passe de 52 % à 67 %, soit une progression de 15 points. “Les propriétaires de petites entreprises qui s’identifient comme démocrates signalent la plus forte augmentation de sentiment”, observe Sam Gutierrez, chercheur scientifique principal chez SurveyMonkey. “Ils sont beaucoup plus optimistes qu’au trimestre précédent. L’optimisme augmente également chez les républicains, notamment parce qu’ils sont moins nombreux à anticiper une récession.”
Confiance dans l’action présidentielle et perspectives d’activité
Cette amélioration du moral se traduit par une approbation plus forte de la gestion du président Trump : 57 % des sondés lui font désormais confiance, contre 48 % trois mois plus tôt. La fracture politique reste pourtant immense, avec 90 % des républicains approuvant sa présidence contre seulement 18 % des démocrates.
Sur le front des perspectives business, les indicateurs sont tous orientés à la hausse :
- 44 % des entrepreneurs qualifient la situation économique actuelle de “bonne”, contre 36 % précédemment.
- 51 % anticipent une hausse de leurs ventes au cours des 12 prochains mois (contre 41 %).
- 28 % prévoient d’augmenter leurs effectifs (contre 22 %).
Ces données, issues d’un échantillon représentatif de 1 900 propriétaires de petites entreprises interrogés du 7 au 10 juillet 2025, rappellent les niveaux de confiance du premier trimestre, avant l’annonce des politiques tarifaires qui avaient semé l’inquiétude en avril.
L’IA, un facteur de transformation et de recomposition du marché du travail
L’enquête révèle une tendance structurelle : les entrepreneurs des générations Y et Z adoptent massivement l’intelligence artificielle et en perçoivent rapidement les bénéfices. Cette intégration technologique s’accompagne d’une anticipation à la baisse des besoins en recrutement à moyen terme, un phénomène qui pourrait redéfinir les stratégies de croissance de ces entreprises.
Craintes économiques en recul, mais l’inflation reste en tête
Les angoisses liées à une récession imminente ou à l’impact des droits de douane refluent, sans pourtant disparaître. La proportion de ceux qui redoutent une récession passe de 70 % à 61 %. De même, le pourcentage d’entrepreneurs se disant affectés par les tarifs douaniers baisse de 66 % à 59 %.
La préoccupation majeure reste l’inflation, citée par 22 % des sondés comme leur principal risque, devant la demande des consommateurs (18 %). L’inquiétude sur les tarifs douaniers comme risque numéro un chute nettement, de 17 % à 10 %.
“Les propriétaires de petites entreprises se sentent globalement plus en sécurité. Alors que les craintes concernant l’impact des droits de douane s’estompent, nous assistons à une reprise de la confiance après la forte baisse du dernier trimestre”, résume Sam Gutierrez.
Politiques gouvernementales : un jugement moins sévère
L’opinion sur l’action des pouvoirs publics évolue également dans un sens plus favorable. Les entrepreneurs sont moins nombreux à prévoir un impact négatif des réglementations futures (36 %, contre 44 %), de la politique commerciale (40 %, contre 51 %) et de la politique fiscale (32 %, contre 37 %). Ce revirement coïncide avec l’adoption par le Congrès du projet de loi sur les impôts et les dépenses porté par l’administration Trump.
Le clivage partisan reste profond sur les tarifs douaniers
Si le sentiment général s’améliore, la politique tarifaire demeure un sujet de division radicale. 81 % des républicains soutiennent la ligne dure commerciale de Trump, tandis que 87 % des démocrates y sont opposés. Les indépendants se rapprochent des démocrates sur cette question, avec 71 % de rejet. Cette fracture souligne que, malgré un regain d’optimisme partagé, les lignes de fracture idéologique sur les instruments de politique économique restent profondes.
Contexte et mise en perspective
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. L’amélioration du sentiment des entrepreneurs cohabite avec des avertissements venus de Wall Street. Jan Hatzius, économiste en chef de Goldman Sachs, récemment cité dans
