samedi, avril 11, 2026
États-UnisLa masse salariale aux États-Unis a augmenté de 178 000 en mars, plus que prévu ; chômage à 4,3%

La masse salariale aux États-Unis a augmenté de 178 000 en mars, plus que prévu ; chômage à 4,3%

Le marché du travail américain rebondit en mars, mais des tensions sous-jacentes se font jour

Le marché de l’emploi américain a enregistré un rebond inattendu en mars, avec la création de 178 000 emplois non agricoles en données désaisonnalisées, selon le Bureau of Labor Statistics (BLS). Ce chiffre, bien supérieur aux 59 000 anticipés par les économistes du Dow Jones, marque un net revirement après la contraction de 133 000 emplois en février (révisé à la baisse à 133 000). Sur trois mois, la moyenne s’établit désormais à environ 68 000 créations nettes, un rythme qui reste modéré par rapport aux années passées.

Une croissance portée par la santé et la construction, mais des pertes dans le public et la finance

Le secteur de la santé a été le moteur principal de cette reprise, avec 76 000 emplois ajoutés. Cette performance est en partie due à la reprise d’une grève chez le prestataire Kaiser Permanente en février : les soins ambulatoires ont ainsi progressé de 54 000 postes, dont 35 000 provenant du retour des grévistes. La construction (+26 000) et le transport et l’entreposage (+21 000) ont également contribué positivement.

En revanche, deux secteurs ont enregistré des pertes notables : le gouvernement fédéral (-18 000) et les activités financières (-15 000). Cette hétérogénéité sectorielle illustre une reprise sélective, où les services essentiels et les infrastructures tirent leur épingle du jeu, tandis que certains segments administratifs et financiers se contractent.

Le taux de chômage baisse, mais la population active se retire

Le taux de chômage officiel a légèrement reculé à 4,3 %, un chiffre en apparence favorable. Cependant, cette baisse s’explique largement par la contraction de la population active, qui a diminué de 396 000 personnes. Le taux de participation, qui mesure la part des Américains en âge de travailler actifs ou cherchant un emploi, est tombé à 61,9 %, son plus bas niveau depuis novembre 2021. Ce retrait suggère que des individus découragés ou en reconversion quittent le marché du travail, un phénomène qui fausse l’interprétation du taux de chômage.

Une mesure alternative du chômage, incluant les travailleurs découragés et ceux employés à temps partiel par nécessité économique, a légèrement augmenté pour atteindre 8 %. Ce indicateur, plus large, offre une vision plus nuancée de la sous-utilisation de la main-d’œuvre.

Ralentissement des gains salariaux et pression inflationniste persistante

La croissance des salaires a ralenti en mars. Le salaire horaire moyen n’a progressé que de 0,2 % sur le mois et de 3,5 % sur un an, contre des attentes respectives de 0,3 % et 3,7 %. La hausse annuelle est la plus faible depuis mai 2021. Si ce tassement peut être perçu positivement par la Réserve fédérale dans sa lutte contre l’inflation, il reflète aussi un possible essoufflement de la demande de travail.

Cette dynamique salariale modérée intervient alors que l’inflation reste au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed et que les prix de l’énergie sont soutenus par les tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran. La combinaison de ces facteurs limite la marge de manœuvre de la banque centrale.

Marchés financiers et perspectives de la Fed

Les marchés actions américains étant fermés pour le Vendredi saint, les contrats à terme ont légèrement réagi négativement à la publication. Sur le marché obligataire, les rendements du Trésor ont augmenté avant une clôture anticipée. Les investisseurs intègrent désormais un scénario de taux directeurs stables.

D’après l’outil FedWatch du groupe CME, les probabilités d’une baisse des taux lors de la réunion des 28 et 29 avril sont quasi nulles. Les contrats à terme indiquent une probabilité de 77,5 % que la Fed maintienne ses taux jusqu’à la fin de l’année. La plupart des décideurs prônent une approche patiente, bien que quelques-uns s’inquiètent d’un possible affaiblissement du marché du travail et plaident pour des assouplissements pré

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