samedi, avril 11, 2026
États-UnisLe discours de Trump sur l'Iran ignore les risques d'un retour aux années 1970 (analyse)

Le discours de Trump sur l’Iran ignore les risques d’un retour aux années 1970 (analyse)





Crise énergétique et héritage politique : l’Iran, le pétrole et les leçons de l’histoire

La guerre en Iran et la crise énergétique : un défi pour Trump et les États-Unis

Alors que le président Donald Trump affirmait dans un discours national que « le plus dur est fait » concernant la guerre en Iran, les prix du gaz aux États-Unis ont franchi un cap symbolique, dépassant les 4 dollars le gallon pour la première fois depuis le début du conflit. Cette hausse, qualifiée par Trump d’« augmentation à court terme », soulève des inquiétudes profondes sur l’aggravation possible des conséquences économiques avant une amélioration. Si cette tendance se confirme, Trump risque de voir son mandat marqué par une crise énergétique rappelant les chocs pétroliers des années 1970, un fléau qu’il a lui-même désigné comme « briseur de nation ».

L’historien présidentiel Jay Hakes, qui a dirigé l’Administration américaine de l’information sur l’énergie sous Clinton, souligne l’impact psychologique durable de ces crises : « Le choc pétrolier des années 70 a été implanté dans la partie peut-être souterraine de notre cerveau. C’était une telle secousse que son écho persiste. » Cette analyse suggère que la situation actuelle pourrait réactiver des mémoires collectives de pénurie et d’inflation, avec des répercussions politiques majeures.

Le détroit d’Ormuz : un goulot d’étranglement vital

Le cœur du problème réside dans le détroit d’Ormuz, où 20 % du pétrole mondial transite habituellement. Les menaces et attaques iraniennes ont paralysé cette voie navigable stratégique, provoquant une flambée des prix. Selon les données de CNBC, le brut Brent a augmenté de 27 % depuis le début de la guerre, dépassant 100 dollars le baril. Mais l’impact dépasse largement les frontières américaines :

  • Le Royaume-Uni fait face à sa dernière livraison de carburéacteur prévisible, avec une hausse mondiale de 96 % des prix, selon l’Association du transport aérien international (IATA) citant les données Platts.
  • Les contrats à terme sur le gaz naturel liquéfié au Japon et en Corée du Sud ont bondi de 43 %, d’après FactSet.
  • L’Asie et l’Europe, directement dépendantes des importations moyen-orientales, sont exposées en première ligne, mais la mondialisation des marchés signifie que les perturbations se propagent rapidement.

Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), avertit : « Même avec les estimations modestes dont nous disposons actuellement, la perte de pétrole en avril sera deux fois supérieure à celle de mars. » Les réserves stratégiques mondiales, utilisées pour amortir le choc initial, s’épuisent, accentuant les risques de pénurie à long terme.

Économies d’énergie et réponses politiques : un écho des années 1970 ?

Face à la crise, les gouvernements tentent d’encourager les économies d’énergie. L’AIE rapporte que 26 pays ont adopté des mesures, comme le Pakistan qui a abaissé les limites de vitesse. Cependant, Trump n’a pas appelé les Américains à réduire leur consommation, se concentrant plutôt sur l’augmentation de l’offre via des interventions sur le marché. Cette approche contraste avec les appels historiques au sacrifice partagé.

Leçons des présidences Nixon, Carter et Reagan

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