Chine : entre défis économiques structurels et risques géopolitiques liés au Moyen-Orient
Les tensions accrues au Moyen-Orient, notamment les récentes attaques contre des cibles iraniennes, ont ravivé les inquiétudes mondiales concernant la sécurité des flux énergétiques. Pour la Chine, premier importateur mondial de pétrole, ces événements surviennent alors que l’économie nationale est déjà confrontée à une série de défis domestiques profonds. L’impact potentiel d’une perturbation prolongée du détroit d’Ormuz – par où transite environ 30 % du pétrole maritime mondial selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – doit être analysé à la lumière de la fragilité économique intérieure chinoise, marquée par une déflation persistante et une demande intérieure atone.
Les vulnérabilités économiques structurelles de la Chine
Une déflation prolongée et ses implications
Depuis fin 2022, la Chine connaît un épisode déflationniste rare pour une économie de sa taille. L’indice des prix à la consommation (IPC) a reculé à plusieurs reprises, et l’indice des prix à la production (IPP) affiche des baisses quasi-constantes. Selon les données du Bureau national des statistiques (BNS) chinois, l’IPC a enregistré une baisse de 0,3 % en glissement annuel en février 2024, tandis que l’IPP a chuté de 2,8 %. Cette dynamique, qualifiée d’« extrêmement rare » historiquement par des économistes comme Zhu Tian de la China Europe International Business School (CEIBS), alimente les craintes d’une spirale où la patience des consommateurs s’érode,_reportés par Bloomberg en mars 2024.
Cette déflation reflète un manque de demande chronique, en partie lié à la crise du secteur immobilier – qui représentait historiquement environ 25-30 % du PIB chinois – et à une forte épargne de précaution des ménages. Les prix des actifs, notamment l’immobilier, baissent dans de nombreuses villes, minant la richesse des ménages et freinant la consommation.
Le défi énergétique : dépendance au pétrole et aux routes maritimes
La Chine importe plus de 70 % de son pétrole, et une part significative de ces importations (environ 40 à 50 % selon les estimations de l’AIE) transite par le détroit d’Ormuz. Toute perturbation durable de cette
