lundi, juin 15, 2026
NouvellesLes États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un accord malgré les escarmouches d’Ormuz

Les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un accord malgré les escarmouches d’Ormuz

Un accord intérimaire sur le détroit d’Ormuz pourrait être signé dans les 24 heures

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé, samedi 28 septembre 2025, qu’un accord intérimaire entre les États‑Unis et l’Iran visant à rouvrir le détroit d’Ormuz pourrait être finalisé « immédiatement » suivi de négociations techniques la semaine prochaine. Cette déclaration intervient quelques heures après que le commandement central des États‑Unis (USCENTCOM) ait signalé avoir abattu plusieurs drones iraniens ciblant des navires commerciaux près de ladite voie navigable stratégique.

Contexte géopolitique et récentes tensions

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial consumé chaque jour, reste un point de friction majeur entre Washington et Téhéran. Depuis le début de l’année 2025, plusieurs incidents – tirs de roquettes, interceptions de drones et menaces de fermeture – ont accru les craintes d’une perturbation du trafic maritime.

Le 26 septembre, l’USCENTCOM a publié un communiqué indiquant que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté et détruit trois drones iraniens lancés depuis la côte sud‑iranienne, visant deux pétroliers battant pavillon international opérant dans le secteur du détroit. Aucun dégât ni blessé n’a été rapporté, mais l’incident a été interprété comme une démonstration de force destinée à tester la résolution des alliés américains dans la région.

Rôle du Pakistan en tant que médiateur

Shehbaz Sharif, qui occupe également la fonction de ministre des Affaires étrangères du Pakistan, s’est présenté comme un intermédiaire clé grâce à ses relations historiques avec les deux capitales. Lors d’une interview accordée à Bloomberg ce week‑end, il a précisé que l’accord intérimaire porterait sur :

  • la reprise progressive des inspections navales conjointes sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI) ;
  • la mise en place d’un canal de communication directe entre les gardes côtes américains et iraniens pour éviter les méprises ;
  • un calendrier de levée progressive des sanctions restreignant l’accès des navires iraniens aux ports du Golfe, conditionnée à des vérifications de conformité.

Selon Sharif, la signature électronique de l’accord devrait intervenir « immédiatement après » l’annonce publique, suivie de réunions techniques prévues dès le lundi 30 septembre afin de détailler les modalités opérationnelles.

Réactions des médias et des experts

Le journaliste du département d’État de Bloomberg News, Eric Martin, accompagné de son collègue de Jérusalem Dan Williams, a rejoint les animateurs David Gura et Christina Ruffini dans l’émission « Bloomberg This Weekend » pour analyser les développements. Martin a souligné que, bien que l’accord intérimaire soit une étape encourageante, il ne résout pas les différends de fond concernant le programme nucléaire iranien ni les sanctions américaines liées aux activités balistiques.

Dan Williams a ajouté que la perspective d’un désescalade immédiate dans le détroit pourrait réduire les primes d’assurance maritime, actuellement estimées à environ 12 % de la valeur du fret pour les navires transitant par la zone, selon les données du Lloyd’s Market Association publiées le 25 septembre.

Du côté académique, le Dr. Leila Karim, spécialiste des relations Iran‑États‑Unis à l’Institut d’études internationales de Genève, a déclaré dans un communiqué de presse du 27 septembre que « la médiation pakistanaise apporte une crédibilité supplémentaire grâce à sa posture de non‑alignement et à son expérience dans les facilités de dialogue régional ». Elle a toutefois prévenu que la mise en œuvre effective dépendra de la volonté des deux parties de respecter les mécanismes de vérification convenus.

Implications pour le commerce mondial

Les analystes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estiment qu’une reprise stable du trafic dans le détroit d’Ormuz pourrait stabiliser les prix du brut Brent autour de 82 $ le baril d’ici la fin du quatrième trimestre 2025, contre une volatilité récente oscillant entre 78 et 88 $ liée aux risques de blocage. Une telle stabilité aurait un effet d’entraînement sur les coûts de production dans les secteurs pétrochimique et du transport, bénéficiant notamment aux économies émergentes d’Asie du Sud qui dépendent fortement des importations d’énergie via cette route.

Conclusion

L’annonce pakistanaise d’un accord intérimaire potentiellement finalisé sous 24 heures représente une évolution notable dans la quête d’une désescalade immédiate autour du détroit d’Ormuz. Si les parties parviennent à transformer cet accord préliminaire en un cadre plus large et durable, cela pourrait non seulement réduire les risques de confrontation militaire, mais aussi apporter une prévisibilité bienvenue aux flux commerciaux mondiaux. Les prochains jours seront décisifs pour vérifier la concrétisation des engagements pris et la capacité des médiateurs à maintenir le dialogue dans un environnement encore marqué par la méfiance.

Découvrez nos autres contenus

Articles connexes