Un partenariat Merck‑Tata pour renforcer l’oncologie en Afrique
En 2026, la Fondation Merck et le Tata Memorial Centre (TMC) ont célébré la treizième édition du Merck Foundation Africa‑Asia Luminary, mettant en lumière un programme de bourses qui, depuis son lancement en 2016, a déjà bénéficié à vingt‑sept pays africains, dont le Ghana. Cette initiative vise à combler le déficit chronique de spécialistes en oncologie sur le continent et à améliorer l’accès à des soins de qualité contre le cancer.
Origine et objectifs du programme
Le professeur Sudeep Gupta, directeur du Tata Memorial Centre, a expliqué lors de l’ouverture du sommet que le partenariat repose sur une vision claire : former des professionnels de santé capables de travailler en équipe multidisciplinaire pour offrir un parcours de soins complet, allant de la prévention précoce aux soins palliatifs. Selon lui, « l’accès à des soins équitables ne se limite pas à la disponibilité des médicaments, mais dépend avant tout de la compétence des équipes qui les administrent »[1].
La Fondation Merck, quant à elle, souligne que l’investissement dans la formation médicale reste l’un des leviers les plus efficaces pour réduire le fardeau du cancer en Afrique, où l’incidence devrait augmenter de près de 70 % d’ici 2040 selon l’OMS[2].
Structure et portée des bourses
À ce jour, le programme a attribué 141 bourses à des médecins, infirmières, technologues de laboratoire et autres acteurs du système de santé. Les bénéficiaires proviennent de vingt‑sept pays africains, couvrant ainsi une large diversité géographique et linguistique.
La formation, d’une durée variable selon la spécialité, aborde les domaines suivants :
- Oncologie médicale
- Oncologie chirurgicale
- Radio‑oncologie
- Oncologie pédiatrique
- Oncologie gynécologique
- Radiologie interventionnelle
- Oncologie orthopédique
- Cancers hématologiques
- Pathologie
- Soins palliatifs
- Soins infirmiers en oncologie
- Technologie de laboratoire et de radiations
- Cytopathologie avancée
- Recherche en oncologie
Cette approche multidisciplinaire reflète les meilleures pratiques observées dans les centres de référence mondiaux, où la coordination entre cliniciens, scientifiques et personnel paramédical est essentielle pour optimiser les résultats thérapeutiques[3].
Impact sur les systèmes de santé nationaux
Le professeur Gupta a insisté sur le fait que la vraie mesure du succès du programme ne se limite pas au nombre de bourses attribuées, mais à l’impact réel sur le terrain. Les anciens boursiers, une fois retournés dans leurs pays d’origine, ont contribué à :
- Renforcer les unités d’oncologie existantes ou en créer de nouvelles;
- Former à leur tour des collègues locaux, créant un effet multiplicateur;
- Améliorer les protocoles de dépistage précoce, notamment pour le cancer du col de l’utérus et du sein, deux des principales causes de mortalité féminine en Afrique subsaharienne;
- Introduire des services de soins palliatifs adaptés aux réalités culturelles et ressources locales.
Des études de cas publiées par le Tata Memorial Centre montrent que, dans certains hôpitaux partenaires du Ghana et du Kenya, le taux de diagnostic précoce du cancer du sein est passé de 35 % à 58 % en trois ans grâce à la formation des infirmières en dépistage clinique[4].
Perspectives d’avenir
La directrice générale de la Fondation Merck, le Dr Rasha Kelej, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à poursuivre ce modèle de coopération internationale. Elle prévoit d’étendre le réseau de partenaires à d’autres institutions académiques et à des gouvernements supplémentaires, afin de couvrir davantage de spécialités émergentes telles que l’oncologie de précision et l’immunothérapie.
Le Dr Kelej a également rappelé que la durabilité du programme dépendra de l’intégration de la formation dans les curricula universitaires nationaux et de la mise en place de mécanismes de financement locaux, afin de réduire la dépendance aux bourses externes à long terme[5].
Conclusion
Le partenariat entre la Fondation Merck et le Tata Memorial Centre illustre comment une collaboration bien structurée, fondée sur l’expertise médicale et un engagement envers l’équité en santé, peut produire des résultats tangibles dans la lutte contre le cancer en Afrique. En formant une nouvelle génération de professionnels de l’oncologie et en renforçant les capacités des systèmes de santé locaux, cette initiative contribue non seulement à sauver des vies aujourd’hui, mais aussi à bâtir les fondations d’un avenir où les soins contre le cancer seront accessibles à tous, indépendamment de leur lieu de résidence.
[1] Discours du Prof. Sudeep Gupta, ouverture du Merck Foundation Africa‑Asia Luminary 2026, disponible sur le site du Tata Memorial Centre.
[2] Organisation mondiale de la Santé, « Cancer in Africa », rapport 2023.
[3] National Cancer Institute, « Multidisciplinary Cancer Care », 2022.
[4] Tata Memorial Centre, « Impact Assessment of Oncology Training Programs in Ghana and Kenya », 2025.
[5] Fondation Merck, « Strategic Plan for Health Capacity Building in Africa », 2024.
